Reims

Un goût de bouchon

Brève
30/11/2010

Les salariés de Piper-Heidsieck ont appris par leur direction que le groupe Rémy-Cointreau a décidé de mettre en vente cette maison de champagne. Ce groupe entend se recentrer sur les activités les plus rentables notamment le cognac. Lorsque l'on sait les profits importants que les entreprises font dans le champagne, on n'ose imaginer ce qu'il en est du reste. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'inspection du travail avait refusé le plan de suppression d'un tiers des emplois. Mais c'est face à la grève de tous les ouvriers de Piper que la direction a été amenée à reculer.

Aujourd'hui, on voit quelles étaient les intentions du groupe Rémy-Cointreau, celle de rendre la mariée plus belle avant de s'en séparer. Voilà qui fait ressortir la nécessité que les travailleurs puissent contrôler les comptes des entreprises et ainsi s'opposer par leur mobilisation aux coups tordus des patrons.

Raguet (Bogny-sur-Meuse – Ardennes)

Après les subventions, les licenciements ? Pas question !

Brève
18/11/2010

Les licenciés de l'entreprise Raguet de Bogny-sur-Meuse dans les Ardennes, une entreprise de la métallurgie spécialisée dans l'usinage, l'outillage et la soudure, refusent de partir avec les seules indemnités légales de licenciement. Celles-ci ne représentent, pour certains, que deux à trois mois de salaire.

Cinquante-huit d'entre eux se sont groupés en association. Ils réclament entre autres mesures une prime de 30 000 € par licencié, le financement de la mutuelle d'entreprise jusqu'à obtention d'un CDI.

Forgex, le repreneur qui a racheté l'entreprise pour 300 000 € a mis la main sur un stock évalué à 3,5 millions d'euros. Il a par ailleurs touché 2 000 € par salarié repris et est exonéré de charges pour sept ans. Mais tout en empochant ces cadeaux, il a licencié 61 travailleurs qui n'acceptaient pas la baisse de leur salaire.

Que le nouveau patron fasse main basse sur l'argent public et le travail des anciens, voilà qui ne passe pas auprès des travailleurs. Il est donc bien normal qu'ils refusent d'être des laissés pour compte et réclament une part des richesses qu'ils ont eux-mêmes produites.

Champagne-Ardenne

Grève chez Hersant-Média : Quelle liberté de la presse ?

Brève
14/11/2010

Les salariés du groupe Hersant-média, l'un des principaux groupe de presse du pays, assurant l'impression des journaux : « L'Union-l'Ardennais, le Journal de la Haute-Marne, Libération Champagne et Est-Eclair » ont fait grève dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 novembre, bloquant la sortie de ces quotidiens. Cette grève avait pour motif d'exprimer les inquiétudes des salariés quand à l'avenir des emplois suite à une modification de l'actionnariat du groupe.

La direction du groupe a dénoncé ces grèves au nom de la « liberté de la presse »... sans même donner la parole aux salariés en grève. Cette attitude n'étonne pas de la part d'une direction qui affiche des positions réactionnaires et un mépris envers les salariés et ceux qui les défendent.

Il y a plusieurs années des manifestants passant sous les fenêtres du journal à Reims avaient scandé « Union, torchon ! ». Pas grand-chose à redire.

Ardennes

Delphi (Donchery) jette les travailleurs qui ont fait sa fortune

Brève
07/11/2010

Après avoir supprimé ces dernières années des milliers d'emplois dans différents pays européens, l'équipementier automobile Delphi a décidé de fermer son usine de Donchery, dans les Ardennes. De retraits de production en plan de licenciements, les effectifs de cette entreprise étaient passés de 745 en 1998 à 290 aujourd'hui. La crise du secteur l'automobile n'a donc été que le prétexte à l'accélération d'un mouvement engagé depuis longtemps.

Cette situation est dramatique pour les travailleurs de Delphi qui savent que, vue la moyenne d'âge élevée des salariés de l'entreprise, 46 ans, dans un département qui par ailleurs connaît le plus fort taux de chômage de la région, il leur sera bien difficile de retrouver un emploi.

Mais pourquoi les ouvriers et les employés devraient-ils être victimes des aléas de la production, si tant est que ceux-ci sont réels ? Lorsque les affaires étaient florissantes les bénéfices ne s'accumulaient que d'un seul côté. Il serait temps maintenant que tous les profits passés et encore actuels, car la multinationale Delphi n'est pas sur la paille, servent à garantir les revenus des travailleurs qui ont fait la fortune du groupe.

Aube

Leader Price (Troyes): Non au travail du dimanche !

Brève
05/11/2010

Dimanche 24 octobre, une soixantaine de militants CGT (SNCF, Michelin, Mefro...) mais aussi du PCF, NPA, PG, LO ont manifesté toute la matinée, devant le magasin Leader Price de l'avenue Pompidou à Troyes, leur soutien aux travailleurs en lutte contre l'obligation du travail le dimanche.

Sous prétexte de « Nouveau concept », illustré par un récent réaménagement de la façade du magasin, les conditions de travail et de vie des treize salariés du Leader Price n'ont cessé d'être attaquées. Ouverture continue entre midi et 14 heures, allongement de la journée jusqu'à 20 h, puis suppression de jours fériés. Et maintenant, ouverture tous les dimanches matin.

Qui plus est, les travailleurs ont appris l'ouverture pour le dimanche suivant... par un client !

La loi le permet, paraît-il. Mais comme l'a déclaré le délégué CGT: « ce n'est pas parce que la loi est du côté des patrons qu'il faut tout accepter sans protestation ».