Aide alimentaire (Ardennes)

La pauvreté n’est pas une fatalité

Brève
12/05/2020

Depuis la crise sanitaire, nombreux sont ceux qui ont vu fondre leurs revenus, à cause du chômage partiel ou à la rupture de leurs contrats. Le nombre de personnes plongées dans la misère s’est donc accru, dans un département où le taux de pauvreté dépassait déjà largement le niveau national (19,4%).

Si nous n’avons pas vu ici les files d’attente s’allonger devant les Restos du cœur ou le Secours populaire, ce n’est que parce que ces associations caritatives ont dû majoritairement fermer leurs portes. En effet, ceux qui en assurent l’activité, des retraités, donc plus vulnérables au virus, ou des bénévoles sans emploi ont dû se confiner. Les aides alimentaires ont ainsi drastiquement diminué, faute de distribution, jetant une partie grandissante de la population dans une situation toujours plus dramatique.

Dans un pays riche comme la France, les aides humanitaires peinent de plus en plus à résorber la misère que ce système produit. Avec la prochaine crise économique qui s'annonce, aucun travail-leur ne peut se sentir à l’abri.

Mais la misère n'est une fatalité que dans le cadre de ce système en faillite. Ceux qui le font encore tenir debout, en risquant leur santé, ont les moyens de reprendre en main l'économie, de la réorganiser en fonction des besoins de la population. Mais cela ne se fera pas sans arracher aux possédants leur pouvoir de décision sur toute la société, sans reprendre à notre compte tous les moyens de production.

Gestion des masques (Haute-Marne)

Un cynisme à peine masqué

Brève
11/05/2020

Alors qu’on annonce un déconfinement et l’arrivée de millions de masques en grandes surfaces, et l’obligation de les porter dans les transports en commun, les professionnels de santé rappellent que la pénurie est toujours la règle pour eux. Récemment, ce sont les orthophonistes de Haute-Marne qui ont alerté sur la difficulté de s’en procurer. Quant aux pharmaciens, ils ne comprennent pas que la pénurie et le rationnement soit toujours la règle quand des stocks apparaissent pour les grandes surfaces et pour les employeurs privés, vendus à un prix maximum qui est au moins le triple de celui d’avant la crise.

Après avoir détruit un stock stratégique considérable, menti sur l’efficacité des masques, entretenu la confusion, l’État permet maintenant que des « profiteurs de guerre » apparaissent. Le masque de leur incompétence ne cache pas efficacement leur cynisme et leur dévouement aux capitalistes prêts à profiter de tout.

 

Ehpad et hôpitaux (Ardennes)

L’ARS prône le travail gratuit

Brève
11/05/2020

L'épidémie de Covid a considérablement augmenté la charge de travail dans les Ehpad et les hôpitaux des Ardennes. Alors que depuis des mois, les soignants et tout le personnel dénoncent le manque de moyens et de personnels, ils font face aujourd'hui à une situation intenable. Pour leur venir en aide, l'Agence Régionale de Santé appelle tous les personnels soignants disponibles à venir renforcer les effectifs en place... en tant que bénévoles !

Après avoir sabré les moyens des hôpitaux, fermé des lits, supprimé des postes, et alors qu'elle prévoit toujours de supprimer 174 lits et 598 postes au CHU de Nancy, l'ARS mise maintenant sur le travail gratuit et la bonne volonté des travailleurs !

Les hôpitaux, les Ehpad des Ardennes, et de tout le pays, tiennent uniquement parce que le personnel fait preuve d'un dévouement extrême, d'une solidarité sans faille. Ce sont ces travailleurs qui font marcher les services au quotidien, qui savent le mieux ce qui est nécessaire au bon fonctionnement des services. Il faut tenir compte de leurs besoins : ils demandent plus de personnels formés et embauchés de manière stable, des augmentations de salaires ainsi que davantage de matériels et de lits.

Réouverture des écoles en Haute-Marne

Un acharnement irresponsable

Brève
10/05/2020

Le gouvernement a décidé de rouvrir les écoles élémentaires et maternelles le 12 ou le 14 mai, dans tout le pays. Ce sera aussi le cas en Haute-Marne. Or bizarrement, même si une carte classe en vert et rouge les départements, cela n’a pas de conséquences sur l’ouverture des écoles, alors que les collèges et les parcs en zone rouge resteront fermés. Or comment croire que des enfants de 3 à 10 ans, qui ont besoin de toucher pour découvrir, de se déplacer, de s’exprimer… pourront respecter un marquage au sol, une « distanciation sociale » ou encore effectueront des gestes barrière, sans compter que les récréations seront limitées et les jeux en extérieur condamnés.

Les autorités sont entièrement mobilisées pour imposer la réouverture. Le conseil départemental a organisé, la restauration scolaire avec l’argument que cela faciliterait la réouverture des écoles, les transports scolaires sont remis en place pour permettre l’acheminement des enfants. Ainsi tous les moyens sont mis en œuvre pour mener cette réouverture et permettre aux parents de retourner travailler.

Par contre, il n’est toujours pas question de tester toutes les personnes suspectées d’avoir contracté le virus, il n’est toujours pas question de mettre à disposition gratuitement des masques ou du gel hydro-alcoolique, toutes choses qui pourraient rendre acceptable le déconfinement.

Les principales fédérations syndicales se sont prononcées contre une réouverture aussi précipitée en soulignant que les conditions sanitaires n’étaient pas réunies. La fédération de parents FCPE du 52 a appelé les parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école dans la semaine du 11 mai, et de fait, c’est environ 2/3 des parents qui n’ont pas l’intention de le faire.

Face à cette situation, les maires qui ont pourtant toute autorité à ne pas autoriser les réouvertures se sont montrés bien timides. À Saint-Dizier, la maire est fière de dire que la réouverture pourra avoir lieu dès le 14 mai, à Langres, la reprise est annoncée de manière plus progressive mais en mettant à disposition des agents municipaux pour « aider à faire respecter les gestes barrière », il n’y a guère qu’à Chaumont et dans quelques communauté de communes du département, que la date de réouverture a été retardée au 18 mai.

Pour l’essentiel, c’est donc l’ensemble des autorités qui mettent en œuvre la réouverture alors qu’elles sont incapables d’assurer que tout se passe dans les meilleures conditions et se contentent de dire qu’il faut leur faire confiance. Une politique totalement irresponsable, et qui n’est pas destinée à gérer la crise sanitaire, mais à répondre aux injonctions du grand patronat qui veut faire redémarrer la machine à profit quitte à mettre en danger toute la population.

Haute-Marne

Une hausse des hospitalisations

Brève
10/05/2020

Le 4 puis le 7 mai, le nombre de personnes hospitalisées en Haute-Marne est remonté brusquement. On ne peut en connaître les causes exactes. Cela montre en tout cas que la baisse est fragile.

Encore un indicateur qui vient démontrer que la politique de déconfinement, telle qu’elle est voulue par le gouvernement, avec ouverture des écoles maternelles et élémentaires pour permettre la reprise de la production dans les entreprises, est précipitée et irresponsable.