Palestra (Chaumont)

Vers une gestion privée

Brève
10/10/2020

plan présenté dans le dossier de presse de l'agglomération

Le complexe Palestra regroupe d'une part une salle de sport et de spectacle et de l'autre un centre aquatique. Il doit ouvrir ses portes en 2021.

Dans une séance à huis-clos du conseil d’agglomération de Chaumont, une étude a présenté les différents modes de gestion possibles, et la préférence va vers une gestion privée de la partie “centre aquatique”, tandis que la partie “salle de sport et de spectacle” resterait gérée par l’agglomération.

Après avoir garanti un contrat à 30 millions d’euros minimum à Vinci, commandé une étude à un cabinet d’expertise privé qui s’est appuyé sur un cabinet d’avocats et une boîte de communication, l’agglo s’apprête donc à assurer un profit à un exploitant de piscine qui n’aura rien avancé, en dépensant 1 million d’euros de frais de fonctionnement chaque année.

L’étude montrait pourtant que la gestion publique serait moins chère : mais pour certains élus, soutenir les profits privés est une seconde nature.

Fusion Chaumont Habitat et Vosgelis

Des tractations loin des intérêts des locataires

Brève
05/10/2020

La loi ELAN oblige les offices HLM à se regrouper pour gérer au minimum 12 000 logements. Chaumont Habitat (4000 logements) a donc entrepris des démarches de fusion et croyait avoir trouvé le bon candidat avec Vosgelis. Il semblerait que la fusion soit mal engagée du fait des appétits de Vosgelis en Lorraine.

Ce qui est sûr, par contre, c’est que ces regroupements ne se font pas pour être utiles aux locataires. La fusion conduira à des économies d’échelle, ce qui se traduira par des suppressions de postes et moins d’emplois de proximité. Et le fait de créer une structure plus grande n’améliorera pas les services proposés, mais permettra de donner à l’entité fusionnée plus de capacité d’investissement, et donc plus de contrats pour les géants du BTP… ou un magot dans lequel se servir, comme vient de le faire l’Etat pour 1,5 milliard d’euros.

Dans ce domaine aussi, il faudrait partir des besoins de la population laborieuse, et embaucher jusqu’à ce que le logement social regroupe des endroits où il fasse bon vivre. Seul le contrôle direct des travailleurs et des locataires pourrait assurer que l’argent des loyers soit utilisé dans ce but.

Visite de la ministre de l’Insertion

Il y a loin des paroles aux actes

Brève
02/10/2020

En visite en Haute-Marne, le 24 septembre,  la ministre de l’Insertion sociale, Brigitte Klinkert a affirmé sans rire qu’elle ferait tout pour “ne laisser personne au bord du chemin”. Elle a ainsi fait le tour d’associations et de services comme la Mission locale, le Vestiaire ou encore l’École de la deuxième chance à Chaumont, pour marquer sa volonté d’aider les jeunes à se réinsérer dans le marché du travail. Il est vrai que le gouvernement est toujours prompt à se faire de la publicité sur l’emploi des jeunes. Ce qu’il a fait par exemple en se vantant d’avoir favorisé l’apprentissage, alors que cela consistait surtout en cadeaux conséquents aux entreprises qui embauchaient des apprentis.

Reste que pour ce qui est de ne laisser personne au bord du chemin, il ne suffit pas de dire aux jeunes que s’ils le veulent, ils y arriveront, il faudrait empêcher les entreprises de licencier et embaucher massivement partout où c’est nécessaire, comme dans les hôpitaux, les EHPAD, les écoles ou encore les transports.

Assemblée générale de l’Ahmi

Une solidarité qui ne se dément pas

Brève
02/10/2020

L’Association haut-marnaise pour les immigrés (AHMI) a tenu son assemblée générale la semaine dernière. Cette association qui assure l’hébergement de plusieurs dizaines de migrants, la formation linguistique, des ateliers de lien social, de l’accompagnement scolaire pour les enfants et des aides aux démarches administratives ne bénéficie pourtant que de peu de financements, alors que les besoins sont criants.

Si toutes ces activités d’aide aux migrants peuvent être réalisées toute l’année, c’est surtout grâce au dévouement et au dynamisme de dizaines de militants qui ne se laissent pas impressionner par les discours anti-migrants que tiennent les gouvernements successifs.

Les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes collectivement pour se défendre et cette solidarité au delà des frontières n’est pas seulement rassurante sur le plan humain, elle permet à tous les travailleurs de ne pas se laisser diviser.

« Lycée 4.0 »

De l’affichage et des commandes publiques aux patrons

Brève
25/09/2020

La région Grand-Est a décidé d’équiper chaque lycéen d’un ordinateur portable. En contrepartie, il faut passer au dispositif 4.0, dit tout-numérique, c’est-à-dire essentiellement supprimer les manuels scolaires papier.

Cette façon de faire est absurde du point de vue pédagogique autant que du point de vue technique. Pour passer au tout numérique, il aurait fallu commencer par s’assurer d’un débit de connexion apte à supporter une telle demande dans chaque établissement ; il aurait fallu créer les contenus numériques aptes à remplacer réellement, et avec un service augmenté, les manuels papiers ; il aurait fallu équiper les enseignants et les former à utiliser le matériel fourni aux élèves ; et enfin, il aurait fallu prendre du temps pour familiariser les élèves à un usage pédagogique de leur matériel. Rien de tout cela n’a été fait.

Tout cela aurait demandé un encadrement en adultes, parce que tout apprentissage nécessite une présence humaine, même celui du numérique.

Ce choix de mettre la charrue avant les bœufs a sa logique : une logique de promotion politique pour l’équipe à la tête de la région, et surtout de subvention du patronat. Il n’y a jamais d’argent pour embaucher dans l’éducation, mais on le trouve pour acheter des équipements à des entreprises privées, quitte à ce qu’ils soient sous-employés parce qu’on a volontairement brûlé les étapes.

Éduquer correctement n’est pas un problème technique, mais de volonté politique. Cela passe avant tout par un investissement en moyens humains : un investissement dont est incapable cet État préoccupé uniquement de garantir les profits des capitalistes.