Est Républicain :  Artaud : « Un programme de lutte »

Article de presse
08/09/2011

Nathalie Artaud (café à la main), aux côtés de Nicole Friess et des militants bisontins de LO : « Peugeot-Vesoul doit garder ses 1 000 intérimaires même quand la production diminue ». Photo DB

Besançon. Elle devrait avoir tenu 43 meetings et visité 95 villes d'ici Noël. Nathalie Arthaud, candidate à l'élection présidentielle pour Lutte Ouvrière, n'a « pas fait de régime» pour tenir le coup. Ni suivi un entraînement sportif. « Ce sera sans doute fatiguant », admet-elle, mais « la campagne sera partagée, collective. Le mouvement ouvrier a toujours fait connaître ses idées comme ça ».

Professeur d'économie-gestion à 70 % dans un lycée professionnel d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), elle fera les estrades et les entreprises sur son temps libre. Elle a commencé samedi dernier par Saint-Brieuc et Lannion. Elle était hier à Besançon, Belfort et Mulhouse. Elle sera le 21 à Vesoul, Épinal, Nancy... Puis davantage dans les médias en 2012, au Zénith parisien le 15 avril.

À Besançon, elle est accueillie à l'heure de l'apéro par une quarantaine de militants avec qui elle partage un café. Puis s'installe à une petite table entre deux syndicalistes, l'hospitalière Nicole Friess et le métallurgiste Fabien Bailly pour exposer une analyse économique et sociale sans concession : « La campagne électorale commence mal pour les travailleurs ». Elle passe à la moulinette « ces dirigeants qui ne maîtrisent rien, ce capitalisme incapable de trouver des solutions à sa propre crise ». Et appelle de ses voeux un « changement de fond en comble », une « réorganisation économique sur d'autres bases ».

« Nous sommes certains qu'elle viendra »

Le discours est connu, c'est celui déjà tenu par Arlette Laguiller pendant six campagnes présidentielles. Celui de la « transformation sociale qui ne se fait pas par les urnes, mais par la révolution, quand des millions d'hommes et de femmes prendront le mal par la racine... Nous sommes certains qu'elle viendra ».

Comme personne ne sait quand, il faut occuper le terrain d'ici là. Dire que les salariés «ont le droit moral et politique de se défendre». Profiter de la campagne pour marteler les « deux grands sujets vitaux, le chômage et le pouvoir d'achat ». Refuser le « chantage permanent de Sarkozy et Fillon sur la dette». Ne se faire aucune illusion sur leurs adversaires : « Quand on voit que les candidats socialistes concurrencent Nicolas Sarkozy sur le terrain de la rigueur, en 2012, les coups risquent de venir de la gauche...»

Une campagne est aussi faite pour proposer. « Arlette Laguiller était la seule pour interdire les licenciements collectifs en 1995 », rappelle en aparté un militant qui souligne que d'autres s'y sont mis depuis. Il y a aussi l'indexation des salaires sur les prix, le partage du travail « entre tous : il a 1 000 intérimaires à Peugeot-Vesoul qui doit les garder même quand la production diminue », la « levée du secret des affaires » sans quoi les capitalistes sont mêmes « prêts à vendre des médicaments qui tuent...»

Nathalie Arthaud le revendique: « Nous n'avons pas de programme électoral, mais un programme de lutte qui, quels que soient les sondages ou les résultats, donne des objectifs ». Pour l'heure, le premier c'est les 500 signatures d'élus : « Nous les aurons, nous les avons toujours eues, ça avance bien, nous sommes confiants ».

Daniel BORDUR

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Est Republicain- Franche-Comté du 08 Septembre 2011 Edition Région