L'Alsace : La lutte ouvrière avec Nathalie Arthaud à Montbéliard
« Quand les travailleurs auront cette rage de ne plus se laisser faire, nous serons là », assène Nathalie Arthaud. La responsable du mouvement trotskiste, candidate à la présidentielle 2012 participait, hier, à Montbéliard, à la fête de Lutte ouvrière.
Chemisier pourpre et veste noire, la prof agrégée d'économie ne se fâche pas quand on évoque une ressemblance dans le ton ou la coiffure avec Arlette Laguiller. Au contraire. Ça a tendance à lui plaire. Arlette fut son mentor. Elle lui a emboîté le pas. Lui emprunte même sa formule quand elle s'adresse aux militants rassemblés hier à la Roselière à Montbéliard (plus de 400 personnes) par un vibrant « travailleuses, travailleurs ».
« Je ne vais pas leur dire chers citoyens, ou chers Français, car dans les Français, il y a la famille Peugeot et on n'a rien à dire à la famille Peugeot ». Le ton est donné. Résolument combatif. Chacun en prend pour son grade : les patrons, les banquiers, le Front national, « poison pour les travailleurs », le Parti socialiste « à plat ventre devant la bourgeoisie ».
La prétendante à l'Élysée, convaincue qu'il faut changer le monde depuis le banc du lycée, ne se fait pas d'illusions sur l'après présidentielle : « Si les socialistes reviennent au pouvoir, je ne pense pas qu'ils forceront la main aux entreprises pour qu'elles embauchent, que le patronat augmente les salaires. À quelques mois de la campagne, ils ne le promettent pas ».
Qu'on ne s'y trompe pas. La porte parole du parti d'extrême gauche depuis 2008, désignée le 5 décembre candidate LO à la présidentielle de 2012, n'est pas venue à Montbéliard pour faire campagne : « Elle démarrera doucement en septembre et notre campagne à nous, c'est une lutte au quotidien ». Seulement pour « saluer les camarades de Sochaux, discuter avec eux de la situation ». Comme dénoncer les augmentations du prix des loyers, de l'électricité, du gaz, des mutuelles, des assurances, « alors que pas un salarié, pas un retraité n'a vu son salaire augmenté dans les mêmes proportions ».
Explosive
Dénoncer « les magnifiques bénéfices engrangés par les actionnaires sur le dos des travailleurs, des cadences, des salaires bloqués et de la précarité ». Quand elle entend la droite expliquer que la moitié des Français ne paye pas d'impôt, Nathalie Arthaud s'enflamme : « C'est écoeurant. L'État fait les poches de tous, et des plus pauvres avec la TVA ». Dans la foulée, la prof d'éco dit : « Bravo, continuez de vous battre » aux enseignants en lutte contre les suppressions d'heures et de postes.
Sur la nappe rouge parsemée de jonquilles, la communiste révolutionnaire balance ses mots, pesés, taillés dans le roc de la lutte des classes : « Quand les gros bataillons de la classe ouvrière entreront dans la grève, la bourgeoisie se sentira acculée, le patronat craindra ». Elle est convaincue que « seules des luttes sociales importantes, explosives feront trembler les puissances de l'argent ». Rien à dire. Nathalie est dans le même « groove » qu'Arlette.
Françoise Jeanparis
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