Usine Hermès, Bogny-sur-Meuse (Ardennes) :  des masques pour tous, ce serait pas du luxe !

Echo d'entreprise
22/04/2020

À Bogny-sur Meuse, l’usine Hermès qui appartient au groupe qui a enregistré des bénéfices records et un chiffre d’affaires de plus de 6,8 milliards d’euros en 2019 a rouvert ses portes la semaine dernière.

Les ouvrières sont-elles en train de coudre les masques, les surblouses qui manquent aux personnels soignants ? Non, elles ont repris la production de sacs à main de luxe !

Aujourd’hui, ce dont ont besoin les travailleurs, ce n’est pas de sacs en croco, mais d’équipements de protection. Les usines doivent être réquisitionnées pour produire ce qui est nécessaire et vital à toute la population.

Centre de tri postal de Charleville-Mézières (Ardennes)  :  le mépris de la direction pour la santé des agents

Echo d'entreprise
22/04/2020

Le centre de tri de Charleville-Mézières a vu son activité réduite depuis le début du confinement. Durant trois semaines, les agents de la plateforme ont dû travailler sans masque alors que l’on a appris récemment que La Poste détenait un stock de 24 millions de masques chirurgicaux qu’elle n’avait pas jugé bon de distribuer dans les services.

Depuis les masques sont arrivés dans les centres de tri mais la direction continue de mettre en danger la santé des travailleurs. Si les agents qui ont contracté le virus et développé la maladie ont été mis en congé, ceux qui ont été à leur contact sont obligés de continuer à travailler sous prétexte qu’ils ne présentent aucun symptôme (pour le moment), que les distances de sécurités sont respectées, que des gants et les matériels de désinfection sont à leur disposition.

La réalité est que la direction ne veut pas embaucher pour remplacer les travailleurs qui devraient être mis en quatorzaine et expose ainsi les agents à un risque pour leur santé et celle de leur famille. Encore une fois, ce sont les mesures de précaution élémentaires qui passent à la trappe. Cette attitude est cynique et irresponsable dans un contexte où l’épidémie continue de s’étendre et de tuer plusieurs centaines de personnes chaque jour. Elle est l’image de cette société qui privilégie la rentabilité et les profits au détriment de la vie des travailleurs.

Hypermarché Cora les Ayvelles (Ardennes) :  Un petit coup de pub qui va rapporter gros

Echo d'entreprise
21/04/2020

À Cora, les travailleurs ont reçu la promesse d’une prime de 1 000 euros pour les risques encourus au travail durant l’épidémie. Mais ce petit sacrifice consenti par les actionnaires s’accompagne de plus de flexibilité pour les salariés. Ces derniers se sont retrouvés avec des “compteurs d’heures négatifs”, permettant à la direction de capitaliser des heures de travail qu’elle utilisera en surtravail durant les périodes de fêtes sans avoir à les payer en heures supplémentaires. Cette prime ne compense donc pas la perte de revenu que représente cette nouvelle mesure pour les salariés.

Cette filiale de la holding Delhaize, qui a engrangé 517 millions d’euros au dernier semestre 2019, continue de bénéficier des largesses de l’État, 20 millions d’euros par an au titre du CICE transformé en exonération permanente de cotisations sociales alors que le groupe a supprimé plus de 9 000 emplois en 10 ans. En prenant sur les profits passés et présents, on aurait largement les moyens d’augmenter les salaires et d’embaucher, à condition que les travailleurs l’imposent aux actionnaires.

Mairie de Reims :  Non au vol de congés

Echo d'entreprise
21/04/2020

Dans la droite ligne des ordonnances prises par le gouvernement pour satisfaire les patrons, la municipalité a décidé d’imposer à tous les agents de la Ville de sacrifier trois jours de congés en les posant avant le 11 mai.

Les travailleurs paient déjà le prix de l'incurie du gouvernement en étant confinés des semaines faute de moyens suffisants pour l'hôpital, de masques et de gel hydroalcoolique, pas question pour eux de payer double en perdant en plus des congés !

Hôpital Belair de Charleville :  Des moyens pour les hôpitaux, pas pour les profits

Echo d'entreprise
21/04/2020

Les coupes budgétaires successives qui dégradent les conditions de travail des personnels de santé de l’hôpital public n’ont pas épargné le centre Belair de Charleville. Comme partout, les mouvements de grève et revendications portées depuis des années par ces personnels sont restés lettre morte. La situation s’est encore aggravée avec la crise du Covid-19.

Les personnels soignants ont aujourd’hui à faire face à une énorme surcharge de travail car ils doivent, entre autre, accompagner chaque patient dans le moindre de ses déplacements. Les personnels administratifs et sociaux ne sont pas mieux lotis : pas de masques ni de gants pour ceux qui sont en contact avec les patients, pas de recours possible au télétravail par manque des outils disponibles. Enfin, les travailleurs sont contraints de prendre sur leur temps de congés ou leurs RTT pour compenser le manque de personnel.

Alors que les milliards qui devraient servir à embaucher et fournir le matériel nécessaire continuent à renflouer les caisses du patronat, les travailleurs des services publics paient de leur santé pour faire face à l’urgence. Voilà où mènent des politiques menées au seul profit de la bourgeoisie.

Eurométropole de Strasbourg :  La direction cherche à masquer… son irresponsabilité

Echo d'entreprise
15/04/2020

(source : wikimedia)

La semaine dernière, la direction de l’Eurométropole de Strasbourg a enfin décidé d’équiper en masques les agents qui travaillent à la collecte des déchets. Il lui aura fallu près de trois semaines. Et il lui aura aussi fallu revenir sur ce qu’elle disait : en effet, quelques jours avant cette décision elle argumentait encore sur le fait que des masques n’étaient pas nécessaires, en s’appuyant sur l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique. La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, s’était appuyée sur le même avis pour déclarer qu’« il n’y a pas besoin d’avoir des équipements de protection particuliers ».

Preuve qu’elle n’assume pas vraiment sa politique, quand le journal les Dernières Nouvelles d’Alsace a demandé à pouvoir suivre des agents de la collecte, la direction a donné son feu vert… à condition que cela se déroule après la fourniture des masques !

Schaeffler – Haguenau :  Les patrons organisent le déconfinement avant l’heure

Echo d'entreprise
14/04/2020

Depuis une semaine, l’usine Schaeffler d’Haguenau, qui compte en temps normal près de 2000 salariés et fournit roulements et pièces pour l’industrie automobile, reprend sa production. L’effectif sur le site atteint au moins les 400 personnes.

Un syndiqué CGT de l’usine, cité par les DNA de ce jour, raconte : « d’un côté on me dit de rester confiné à la maison, je fais mes courses au drive pour ne croiser personne, et de l’autre je côtoie des centaines de collègues… pour faire de la ferraille ! Ce n’est pas tout à fait logique ! »

Schaeffler, c’est un trust qui compte de près de 80 000 salariés, qui a fait plus de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, et qui permet à la famille Schaeffler, principal actionnaire, d’être une des premières fortunes d’Allemagne. Dans le cadre de la société capitaliste, cette puissance économique donne à un groupe comme Schaeffler le droit d’imposer sa logique, celle du profit, qui n’est effectivement pas celle de la santé des travailleurs.

 

Mannesmann Précision Tubes (Vitry-le-François) :  La production tant que…

Echo d'entreprise
13/04/2020

En sous-activité depuis des mois, l’usine Mannesmann Précision Tubes à Vitry-le-François vivait jusqu’à la crise du covid-19 au rythme de suppression d’équipes de nuit et de journées de récupération imposées. Quand il a été question de confinement, beaucoup, même chez les hiérarchies, pensaient logiquement qu’on allait vers un arrêt total momentané de la production.

Et puis non : la maison mère aurait donné l’injonction de produire en urgence des commandes devenues indispensables ! Mais sans aucun aménagement des horaires ni de l’organisation de la production. Juste une bouteille de désinfectant par personne, mais croisement dans les vestiaires et réfectoires obligatoires !

Le comble, c’est que ce maintien d’activité a été annoncé aux délégués en même temps que l’annonce d’une nouvelle réduction importante de la production dans un futur proche, rendant les inquiétudes sur l’avenir de l’entreprise encore plus grandes !

Produire plus vite en prenant des risques avec la crainte pour son emploi ! « Pour le moment on a les hommes, l’énergie et la matière, alors on produit » se sont entendu dire des travailleurs qui cherchaient des explications auprès d’un responsable… La nouvelle version de « marche ou crève » !

Hôpital de Chaumont :  La débrouille contre l'irresponsabilité

Echo d'entreprise
12/04/2020

À l'hôpital de Chaumont comme partout, les moyens de protection manquent. Dans les services de psychiatrie par exemple, un masque doit être gardé huit heures.

Alors les moyens se développent pour se débrouiller : une initiative a été lancée pour transformer des draps en sur-blouses. L’idée est venue des soignants, qui ont transmis un patron pour la couture, la préfecture a relayé l’appel, les particuliers ont donné des draps et une entreprise associative d’insertion confectionne les sur-blouses à partir des draps collectés.

L’inventivité des principaux concernés est à souligner, mais en arriver à ce niveau de bricolage montre d’abord l'impréparation du système de santé.

Plate-forme Noz (Chaumont) :  Le patron oblige les salariés à lui faire crédit

Echo d'entreprise
12/04/2020

La direction de la plate-forme Noz s'est permis d'invoquer les difficultés actuelles pour ne pas payer en entier les salaires de fin mars, pas même les 70% du brut (84% du net) qu'elle doit payer en cas de chômage partiel.

Elle a prétendu ne pas avoir reçu les aides de l’État. Des salariés ont prévenu la presse, et devant le scandale annoncé, une régularisation a eu lieu jeudi 9 avril... mais seulement pour ceux qui ne se sont pas mis en droit de retrait avant le déclenchement du chômage partiel. Ceux qui ont fait valoir leur droit de retrait ont vu leurs salaires amputés de plusieurs jours indiqués "en absence autorisée mais non rémunérée".

L’État a annoncé des aides au patronat, et indiqué reporter les impôts et cotisations sociales. Mais cela n'a même pas amené ce patron à se dire qu'il pouvait avancer l'argent à ses salariés. Pourtant, même confinés, les salariés doivent bien payer leur loyer et leurs factures en entier !