Paris Normandie : Lutte Ouvrière: après Arlette, Nathalie à Oissel
Nathalie Arthaud : " La classe ouvrière doit se faire respecter "
Arlette Laguiller en affichait six au compteur... six campagnes présidentielles rythmées par son célèbre «Travailleurs, travailleuses» qu'elle a souvent dégainé à la fête de Lutte Ouvrière à Oissel. Nathalie Arthaud ne peut modestement n'en aligner que deux, dont la première en 2007 derrière l'emblématique employée de banque. Et c'est la première fois qu'elle monte au combat en tête d'affiche pour défendre les couleurs écarlates du parti trotskiste. Entre les banderoles qui dénoncent les ravages du capitalisme, le débat animé par Pascal Le Manach, porte-parole de Lutte Ouvrière en Haute-Normandie et conseiller municipal à Oissel s'étire mollement jusqu'à l'arrivée de Nathalie Arthaud.
Un déficit d'image à combler
La porte-parole de LO boucle dans la banlieue rouennaise une journée très chargée : meeting le matin à Evreux et halte à Mantes-la-Jolie l'après-midi. "D'ici décembre, j'aurai visité 95 villes pour faire avancer nos idées et faire en sorte d'être plus connue" glisse la candidate qui sillonne la France pour combler son déficit d'image par rapport à son illustre devancière. "Je ne crains pas Mélenchon. Nous ne sommes pas sur le même terrain. Il prépare un programme de gouvernement avec le PS qu'on a déjà hélas vu à l'oeuvre. Moi, je défends un programme de lutte" sourit Nathalie Arthaud en avalant un jus de fruits avant de se diriger vers la tribune.
La quadragénaire ajuste ses premiers upercuts sur le couple Sarkozy-Merkel et leur gestion "cynique, brutale et autoritaire" de la crise grecque. La centaine de militants et sympathisants du parti d'extrême gauche applaudit la prof d'économie qui efface son beau sourire et se fait menaçante. "Empêchons les fabriquants de chômage d'agir. Aujourd'hui, tout le monde se sent sur un siège éjectable" remarque la candidate trotskiste avant de descendre en flammes le nouveau plan d'austérité Sarkozy-Fillon. "Ce sont encore les mêmes qui vont essuyer la facture. La TVA, l'impôt le plus injuste pour les travailleurs, les chômeurs, les Rmistes, va augmenter. Et pendant ce temps, les états capitalistes continuent de protèger les banques qui ont touché des milliards. Nous n'avons pas à éponger les dettes des grands patrons du capitalisme" martèle Nathalie Arthaud. "Jamais ce qui se passe en Europe ne nous aura autant donné raison" remarque Gisèle Lapeyre. L'ex responsable de LO en Haute-Normandie est manifestement sous le charme. Nathalie Arthaud a la combativité souriante.
Christophe Préteux