Paris Normandie : Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière et candidate à l'élection présidentielle de 2012, part aujourd'hui à la rencontre des citoyens dans les rues d'Elbeuf.
Difficile de dissocier Lutte ouvrière d'Arlette Laguiller, tant la porte-parole a tenu le parti d'extrême gauche pendant des années. Moins connue du grand public, mais toute aussi déterminée, Nathalie Arthaud a pris la suite à la tête du parti.
En campagne en vue de l'élection présidentielle de 2012 pour laquelle elle s'est déclaré candidate en décembre dernier, la porte-parole de Lutte ouvrière est à Elbeuf aujourd'hui pour rencontrer les citoyens dans la rue.
Pourquoi privilégier la rue aux meetings plus traditionnels?
Nathalie Arthaud: «Je me joins à une équipe de campagne, à des militants qui viennent discuter directement avec les gens. C'est toujours bien d'aller à la rencontre de la population et de montrer une attitude militante. C'est aussi l'occasion de rencontrer la personne qui sort du supermarché et qui ne comprend pas pourquoi elle paye le kilo de pommes deux euros.»
Vous êtes au cœur d'une tournée de deux cents villes. De quoi vous parlent les gens que vous rencontrez?
«De leurs préoccupations quotidiennes: la hausse des prix, l'emploi, les retraites... Nous rencontrons des retraités pauvres, des personnes qui ont travaillé toute leur vie. Nous sommes aussi là pour dénoncer la politique du gouvernement et l'attitude du patronat dans un contexte où l'on demande aux classes populaires de payer les bêtises des banquiers.»
Connaissez-vous le bassin elbeuvien, ses particularités?
«C'est une région marquée par son histoire industrielle, par des restructurations brutales, à l'image de ce que nous vivons à l'échelle nationale. C'est une région marquée par le chômage aussi, mais il ne faut pas que cela devienne un problème individuel. Je suis révoltée par ceux qui font culpabiliser les chômeurs et les bénéficiaires du RSA.»
Comment comptez-vous peser dans la campagne, vous qui êtes créditée d'environ 1% dans les sondages?
«Nous espérons faire le meilleur score possible pour se donner les moyens de défendre nos idées. Sur la dette de la France par exemple, aucun autre candidat ne dit que ce n'est pas aux classes populaires de la payer. Nous sommes assis sur un volcan, il est évident que notre pays va dans la même direction que la Grèce, le Portugal ou l'Italie si on ne fait rien. Il faut aussi plus de contrôle dans les entreprises, dans les banques. Les dirigeants de banque sont des incapables, ils mènent le système à la crise. Il faut les remplacer, les exproprier.»
Nathalie Arthaud sera présente aujourd'hui sur un stand situé au 70, rue des Martyrs à Elbeuf, de 11 h à 12 h.
Propos recueillis par Freddy LAMME