La Voix du Nord : Le combat de Marie-Claude Rondeaux, candidate LO, « c’est le quotidien »
Elle, retraitée de 62 ans, s’est déjà présentée aux élections législatives et régionales. Lui, 52 ans, travaille dans un supermarché de Rousies. Marie-Claude Rondeaux et Bruno Montmory forment le ticket Lutte ouvrière, dans la 3e circo.
Par Marie Delattre

Le discours est rodé, connu. « On est dans la misère noire, ici, avec des grosses entreprises ou des grosses fortunes qui licencient », râle Marie-Claude Rondeaux, candidate Lutte ouvrière, qui évoque « ces jeunes qui ont droit à rien », ces ouvriers « qui se tuent à la tâche », des trémolos dans la voix. « Il faut une répartition correcte du boulot, une justice du travail pour tous, avec des salaires honnêtes. » L’ennemi, à chaque élection, c’est le patronat. « Nous sommes les porte-parole de toute la population, de la masse salariale. » Leur rengaine, « interdire les licenciements, mettre le nez dans les comptes des grosses entreprises ». Pour véhiculer leurs idées, ils avouent « être toujours en campagne », sur les marchés, par le biais du porte-à-porte. « Notre politique, c’est celle de la rue, notre combat, c’est le quotidien. »
Pourtant, leur discours peine à trouver écho auprès des électeurs. Pour preuve, leur chef de file Nathalie Arthaud n’a récolté qu’1 % des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle. Et dans la 3e circonscription, le Front national semble avoir le vent en poupe. « Les gens se trompent d’ennemi. Il ne faut pas que le FN fasse les yeux doux à la classe ouvrière. »
Oui mais, qu’envisagent-ils pour le territoire sambrien ? « Nous, on parle au niveau national. Les problèmes sont les mêmes ici qu’à Brest, Marseille ou Limoges. On ne donne pas de travail aux gens, alors qu’on octroie des subventions au patronat. » Pour illustrer la précarisation de la population, un dicton. « Ici, on habite dans le 59. Le 5, on touche la paie. Le 9, on n’a plus rien. » Demain, Marie-Claude Rondeaux et Bruno Montmory seront face aux électeurs pour redire leur projet, lors d’une réunion publique, à 15 heures, dans la salle de l’Espérance de la tour Jeanne 3, à Fourmies.