La Voix du Nord :  Léa Demory (Lutte ouvrière), candidate « à contre-courant »

Article de presse
01/06/2017

Au côté de son suppléant Raymond Covin, Léa Demory veut « préparer les travailleurs aux luttes qui s’annoncent ».

fidèle au vieux parti de Thorez, l’Orchésienne Léa Demory présente sa candidature à la députation dans la sixième sous la bannière de Lutte ouvrière. « Le seul parti authentiquement communiste » à ses yeux. Arnaud Déthée

 

Sixième circonscription.

S’il serait malvenu de résumer sa motivation à un désir de revanche, le fait d’avoir été congédiée des bancs de la municipalité par d’anciens « camarades » explique en partie ce qui conduit aujourd’hui Léa Demory à prétendre au palais Bourbon sous le drapeau rouge sang de LO. Adjointe aux sports, puis aux écoles sous la mandature de Jean Deregnaucourt entre 2002 et 2008, l’élue communiste apprend à l’époque, « sur un parking », qu’on ne compte plus sur elle dans la nouvelle majorité conduite par Dominique Bailly. La militante CGT, opératrice chez feu Thomson Lesquin de 1974 à 2005, en conservera un profond ressentiment.

Parler des enjeux de la sixième circonscription, c’est voir le problème par le petit bout de la lorgnette. Léa Demory

« Déjà que j’étais contrariée par le programme et la gauche plurielle… J’ai vécu ça comme une trahison, dit-elle d’une voix blanche. Après, on a eu droit au Front de gauche. Et Mélenchon en solo aujourd’hui. Ça ne pouvait plus durer. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Éric Pecqueur (ancien conseiller municipal Lutte ouvrière) , qui m’a convaincue que le seul parti authentiquement communiste, c’est Lutte ouvrière. Le PC s’est renié et organise, comme le PS, l’austérité. Les seuls à s’attaquer au capital, c’est nous ! »

Comme son suppléant Raymond Covin, en rupture de ban lui aussi avec le PC « qui a abandonné la faucille et le marteau », Léa Demory voit le monde comme l’opposition sans merci « entre ceux qui créent les richesses, les ouvriers, et la classe des possédants qui les exploitent ». La campagne des législatives est pour elle l’occasion de porter la voix de ces travailleurs qu’elle estime malmenés, en attendant l’explosion sociale qui ne saurait tarder. « Nous nous présentons pour préparer les citoyens à des luttes sociales conscientes et organisées, fait valoir la candidate. Face au capitalisme qui sème la misère, monte les pauvres les uns contre les autres, et crée les conditions d’un FN à 40 %, nous hissons le drapeau rouge. »

Parmi les mesures qu’elle promeut, Léa Demory cite l’interdiction des licenciements, le contrôle des comptes des entreprises par ses travailleurs - notamment grâce à la levée du secret bancaire des sociétés -, ou encore l’abrogation de la loi Travail. Localement, la candidate se refuse à évoquer un dossier précis. À dessein. « Parler des enjeux de la sixième circonscription, c’est voir le problème par le petit bout de la lorgnette. Notre candidature est à contre-courant car elle pose la question de la lutte des classes à l’échelle mondiale. Ma candidature n’est qu’une étape sur le chemin de la reconstitution d’un parti ouvrier communiste révolutionnaire capable un jour de renverser le système. »

Qui sont-ils ?

Léa Demory, Orchésienne de 61 ans, s’est présentée une première fois à la députation en 2004 sous les couleurs du Parti communiste. Elle a rejoint les rangs de Lutte ouvrière en 2012.

Son suppléant, Raymond Covin, 60 ans, adhérent PC « de 20 à 55 ans », a fait l’essentiel de sa carrière en tant que soudeur et surveillant génie civil à la SNCF.