Voix du Nord :  Lutte ouvrière veut profiter des élections pour faire entendre son message

Article de presse
01/06/2017

Renée Toillon et Pierre Langlet (LO) veulent que les travailleurs reprennent leur confiance puis... le pouvoir.

Nous passons en revue les dix candidats en lice dans la septième circonscription avant le premier tour, le 11 juin. Aujourd’hui, Renée Toillon et Pierre Lenglet, candidats de Lutte ouvrière.

Morgane Baghlali-Serres

 

7e circonscription.

C’est une première, comme titulaire, pour Renée Taillon, 52 ans, discrète mais pugnace. Son combat en politique remonte à quinze ans. Alors préparatrice de commande à La Redoute, qu’elle a intégrée en 1988, elle rencontre Pierre Langlet, professeur et militant de Lutte ouvrière, venu faire du porte-à-porte dans leur quartier de la Mousserie. C’est ce qui l’a décidé à s’engager, dit-elle. Elle se syndique et s’encarte quasi simultanément. « J’ai commencé tout en bas de l’échelle », s’empresse-t-elle d’ajouter. Désormais déléguée du personnel CGT dans l’enseigne de vente à distance, elle y a traversé toutes les grandes luttes sociales de ces vingt dernières années.

Sa candidature aux législatives n’est finalement que la continuité de ce combat de longue haleine. « Je veux faire prendre conscience aux travailleurs que nous sommes la force de production et que sans nous le capital n’est rien. Le patronat mène une guerre économique envers les travailleurs faite de chantage et de mise en concurrence permanente, il faut que nous, les travailleurs, formions une armée unie pour se défendre. » Selon le binôme, « l’exploitation s’aggrave », « c’est une réalité à La Redoute certes, mais c’est une réalité de partout ».

Avec seulement 0,42 % des voix pour Nathalie Arthaud au premier tour de la présidentielle, sur la circonscription, et un score sensiblement équivalent aux législatives de 2012 (0,65 %), le parti d’extrême gauche ne récolte que peu de voix chez les travailleurs qu’il revendique représenter… plutôt portés à voter pour le Front national ou la France insoumise. « Le FN a poussé sur la politique anti-ouvrière de la gauche et maintenant de Macron, qui consiste à mettre des idées nationalistes et racistes dans la tête des gens. Nous ne reprendrons pas le drapeau bleu, blanc, rouge comme le font nos opposants politiques pour récupérer des votes. Nous luttons contre le poison de la division car la solution c’est de reprendre confiance dans la force collective », rétorque Pierre Langlet, professeur au lycée Savary.

Si le binôme ne se fait pas de faux espoirs sur l’issue du scrutin, sa lutte va au-delà. « Les élections ne changent pas les choses. On profite des élections pour se faire entendre, montrer qu’il ne faut pas se résigner. »

La 7e circonscription s’étend sur les quartiers ouest de Roubaix et les villes de Wasquehal, Croix, Hem, Lys-lez-Lannoy, Leers, Toufflers et Lannoy.

Les principales propositions

Faire des propositions pour la circonscription, ce n’est pas le dada de Lutte ouvrière qui préfère s’en tenir à un programme et des idées au plan national. « Les élections législatives sont des élections nationales ! » lance Pierre Langlet, avant d’ajouter : « Mais si on veut faire du local, on peut, dans la circonscription il y a suffisamment de familles issues de la haute bourgeoisie à qui nous pourrions prendre un peu de fortune pour la redistribuer. » Globalement les propositions de Lutte ouvrière s’attachent à des revendications autour du travail. « Nous voulons augmenter tous les salaires et que le Smic soit à 1 800 euros net », explique Renée Toillon. Ce serait là la vraie « modernité ». « Interdire le secret des affaires », « interdire les licenciements », « répartir le travail », autant de revendications « qui ne peuvent se porter qu’au national ». « On ne veut pas mentir en faisant de fausses propositions en local. Tous les droits obtenus par les travailleurs ont été arrachés par leur lutte. Pour être forts, il faut être nombreux et ça ne peut se cantonner à un seul endroit. »