La Voix du Nord : Nathalie Arthaud à Lille hier : dernier meeting d’une campagne qu’elle estime « réussie »
C. C.
Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) en meeting à la salle du Gymnase de Lille hier soir. PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
LILLE.
C’est peu dire que la candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle souhaiterait attirer davantage de bulletins qu’en 2012 : 0,76 % dans le Nord - Pas-de-Calais. On est loin des 7 % de 2002 pour LO… « Mais il n’y avait pas Mélenchon », précise Nathalie Arthaud, qui a choisi Lille hier soir pour son ultime meeting de campagne. Une campagne qu’elle estime d’ailleurs « réussie » : « Même si je sais que ça ne se transformera pas en électeurs, par notre discours, nous sommes parvenus à toucher beaucoup de travailleurs, de chômeurs, d’immigrés »…
Doit-on percevoir une once de réalisme dans la bouche de cette enseignante que ses détracteurs disent nourrie à l’utopie ? En tout cas, si l’utopie reste un leitmotiv idéologique, le discours livré par la candidate (50 minutes) n’a pas toujours manié des concepts aussi poétiques : lutte des classes, combat contre la dictature de la bourgeoisie, révolution contre le grand capital, arrêt des « crimes patronaux »… Pas grand monde à sauver chez les autres postulants à l’Élysée, ni Fillon, ni Macron, ni Le Pen bien sûr, ni même Mélenchon qui une fois au pouvoir « ne ferait pas mieux que Jospin ou Hollande ». Au pupitre, devant les 500 personnes rassemblées pour l’occasion, elle soupçonne même les « ambiguïtés » coupables du leader de La France insoumise au sujet de l’immigration.
Dans la salle, Julian est justement allé voir Jean-Luc Mélenchon la semaine dernière à Lille Grand Palais. Mais son cœur reste fidèle à Nathalie Arthaud, qui s’est soumise de bonne grâce à un selfie avec lui avant le meeting : « Au moins, elle, elle défend vraiment le peuple. » Yves, 61 ans, de Tourcoing, est du même avis. Même si, comme pour bon nombre de camarades croisés hier, il reste une interrogation sur la double candidature de Lutte ouvrière et du NPA de Philippe Poutou. « J’aurais espéré une alliance. » Rendez-vous dimanche soir, pour récolter les fruits de cette campagne « dont la réussite ne sera pas mesurée par le score ». « En fonction de la situation, je dirai ce que je ferai pour le second tour », promet Nathalie Arthaud.