Ecoles - Pantin

L'émotion et la colère sanctionnées

Brève
08/02/2020

Le 23 septembre dernier, Christine Renon, directrice de l’école Méhul de Pantin, se donnait la mort dans son établissement. Dans la lettre qu’elle laissait, elle mettait clairement en cause la politique de l’Éducation nationale : accumulation des réformes, surcharges de travail, manque de considération de la part de la hiérarchie...

Le 3 octobre, ses collègues avaient été très nombreux à cesser le travail pour lui rendre hommage. Les syndicats s’étaient adressés au ministère pour demander que cette journée d’hommage, de recueillement et de colère ne soit pas décomptée comme jour de grève. Or, elle l’a bel et bien été, apparaissant sur la paye de janvier comme journée de grève.

Ce coup de pied de l’âne ne peut que renforcer la colère des instituteurs. Elle s’était exprimée aux obsèques de Christine Renon, puis lors du mouvement contre la réforme des retraites. Elle est toujours là.

Migrants - Porte de la Villette

Encore une fois chassés

Brève
05/02/2020

Une semaine après avoir démantelé le camp de migrants de la porte d'Aubervilliers, la police s'en est prise à celui, voisin, de la porte de la Villette. À nouveau - il y a déjà eu 60 camps détruits à Paris depuis 2015 - des centaines de migrants se voient refuser même le droit... de dormir dans la rue.

Le gouvernement prétend qu'ils seront ainsi « mis à l'abri », mais ce n'est que très provisoire : il voudrait surtout les voir disparaître de la capitale. S'il fait état d' « un accompagnement de ceux qui souhaitent entamer une procédure de demande d'asile », c'est hypocrite. Car, si ces réfugiés vivent dans des conditions si misérables, c'est qu'ils sont pourchassés de partout et ne peuvent pas obtenir de l'État des papiers, condition préalable, mais loin d'être suffisante, pour mener une vie normale.

« Bienveillance » proclamait un slogan macroniste : le sort de ces migrants relève plutôt de la « malveillance » programmée de ce gouvernement.

E3C - Ile de France

La contestation s'étend

Brève
05/02/2020

Le nouveau bac imposé par le gouvernement rencontre une forte opposition. Dans la foulée du mouvement contre la réforme des retraites, la mobilisation contre l'organisation d'épreuves de contrôle continu, dites E3C, dans chaque lycée à la place d'un examen national à la fin de l'année, a su se faire entendre. Élèves et enseignants dénoncent le manque de moyens aussi bien pour les enseignements tout au long de l'année que pour l'organisation des E3C.

Cette « réforme » aggrave l'inégalité entre les lycéens, notamment en défaveur de ceux issus des lycées moins cotés qui se verraient refuser l'accès aux études supérieures ou à l'emploi, car leur bac serait moins estimé.

Grèves et blocages se sont multipliés dans de nombreuses villes, malgré les menaces et sanctions de l'administration, malgré les interventions parfois violentes de la police et l'arrestation de plusieurs lycéens.

Les enseignants et les élèves mobilisés sont décidés à continuer à se faire entendre !

Région Ile-de-France

Pécresse contre les grévistes

Brève
05/02/2020

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, déclare qu'elle veut accélérer l'ouverture à la concurrence des lignes de RER et de métro actuellement prévues respectivement en 2033 et 2039. C'est la promesse d'un marché lucratif pour de grandes entreprises.

Pécresse présente cette proposition comme une solution contre les grèves, comme s'il ne pouvait pas y avoir grève dans les entreprises privées. Elle en profite pour opposer une fois de plus les grévistes et les usagers des transports.

Les grévistes de la RATP et de la SNCF ont défendu l'intérêt commun de tous les travailleurs durant deux mois. Les ennemis des usagers, ce ne sont sûrement pas eux, mais bien le gouvernement et le patronat qui font reculer leurs conditions de travail et de vie, sans améliorer les conditions de transport des usagers.

RATP - Paris

La contestation n'est pas près de s'arrêter

Brève
30/01/2020

Dans les manifestations, toujours aussi dynamiques et déterminées, le sentiment général était d’abord la fierté d’avoir tenu en grève pendant une durée historique : le vendredi 24 janvier était le 51e jour de grève pour ceux qui n’avaient pas repris depuis le 5 décembre, et la grève continuait jusqu’à mercredi 29, voire vendredi 31, pour le dernier carré.

Les liens de solidarité tissés entre les grévistes, les moments forts vécus tout au long de cette grève, toutes et tous en parlent avec émotion. Comme l’a dit un gréviste du dépôt de bus de Montrouge : « Il y a un avant cette grève et il y a un après. Je ne serai plus jamais le même homme ! »

Tous les travailleurs mobilisés sont aussi convaincus que le mouvement de contestation contre la réforme des retraites reste vivace et va continuer, même si la grève reconductible a pris fin au cours de la semaine précédente dans la plupart des secteurs de la RATP. Ils revendiquent toujours le retrait de la réforme des retraites, la seule revendication juste.