SNCF - Technicentre de Châtillon

Colère et détermination

Brève
01/11/2019

Depuis lundi 21 octobre au technicentre de Châtillon, les 170 cheminots de Service court, chargés de la maintenance rapide des rames, ont « déposé la caisse », autrement dit ont cessé le travail. Ils ont rapidement été rejoints par les 80 jockeys, chargés du déplacement des rames sur le site.

Dès la présentation début octobre des nouveaux roulements concoctés par la direction, cela a été le tollé. Réduction de 144 à 132 repos, augmentation de 50 % du nombre de nuits, réduction du temps de repos en week-end, des jours de service de 9 heures, des changements d’horaires 48 heures à l’avance.

Après s'être heurtée à la détermination et à l'unité des grévistes, jeudi 24, la direction renonçait à imposer les nouveaux roulements et à ne prendre aucune sanction disciplinaire. Mais les cheminots n’ont aucune raison de payer pour un conflit dont la direction est entièrement responsable. Les grévistes exigent avant de reprendre le travail qu’il n’y ait aucune retenue financière et le versement d’une prime de 3 000 euros.

Jusqu’à présent, la direction préfère couler les trains et perdre des dizaines de millions d’euros plutôt que de céder. Le combat continue.

RATP - Ile-de-France

On est jamais mieux servi que par soi-même

Brève
01/11/2019

Après la grève réussie du 13 septembre et avant la journée interprofessionnelle de mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites, le journal Capital révèle que la PDG de la RATP, Catherine Guillouard, vient de s'accorder une augmentation de salaire de 12,5 %. Cela représente tout de même 50 000 euros de plus par an.

Une somme tout à fait rondelette… surtout au regard des 0,6 % proposés aux salariés.

Nike Store - Champs-Elysées

La grève, "just do it !"

Brève
28/10/2019

Pour la première fois depuis son ouverture, près de la moitié des travailleurs du Nike Store des Champs-Élysées ont décidé de cesser le travail et de faire grève.

Depuis le 8 octobre, ils se réunissent devant le magasin, exprimant leur colère face aux méthodes d’exploitation de ce géant de l’équipement sportif. Ces travailleurs, jeunes pour la plupart, se battent pour faire respecter la simple application du Code du travail :pour le paiement des heures de 21 à 23 heures en tarif de nuit majoré de 100 %, contre un management basé sur la surveillance permanente, sur le mépris et la pression permanente. Ils réclament un suivi sérieux par la médecine du travail, ou encore un ticket restaurant par jour travaillé.

Pour leur première grève, ces travailleurs apprennent aussi à s’organiser, avec tous les jours un piquet de grève sur les Champs Élysées devant le magasin. D’après l’une des grévistes : « Nous sommes très déterminés, nous ne lâcherons pas ! Notre grève est placée sous notre contrôle. »

 

Education - Seine-Saint-Denis

Appel à la grève

Brève
28/10/2019

L’ensemble des syndicats de l’éducation appellent à une grève le 6 novembre en Seine-Saint-Denis, pour réclamer un plan d’urgence pour toutes les écoles, collèges et lycées du département.

Le suicide de la directrice d’une école de la commune de Pantin, dans la banlieue parisienne, avait suscité une émotion et de la colère pour les enseignants et des parents dans tout le pays, donnant lieu à de nombreux rassemblements. En Seine-Saint-Denis, la mobilisation avait été importante. Un appel à la grève le 3 octobre avait été suivi à 60 % et 3 000 personnes s’étaient retrouvées à Bobigny devant les services du rectorat.

Le mécontentement porte sur les conditions de travail. Dans ce département populaire où se concentrent les problèmes de chômage, de précarité, de manque de logements décents, de violences, conséquences de la progression de la misère, les besoins pour assurer aux jeunes un enseignement dans de bonnes conditions sont énormes. Il faudrait davantage d’enseignants pour encadrer de petits groupes, mais aussi davantage d’infirmières, d’assistantes sociales, de surveillants.

 

Station d'épuration - Achères

Un feu étouffé ?

Brève
28/10/2019

La catastrophe de Lubrizol a fait sortir de l’ombre un autre incendie, celui de la station d’épuration d’Achères, également classé Seveso seuil haut, événement récent mais beaucoup moins médiatisé. Le 3 juillet 2019, le feu a détruit une unité de cet établissement où se faisait l’élimination des particules en suspension dans les eaux usées. Les pompiers ont mis quatre jours pour venir à bout du sinistre. La Seine a été polluée. Très vite la Direction régionale de l’environnement a annoncé que les risques sanitaires portaient essentiellement sur le milieu aquatique et qu’il n’y avait « aucun risque particulier pour la population. »

En réalité tout est opaque, à la fois les causes et les conséquences d’un événement qui apparaît de moins en moins comme un accident imprévisible. L’association Robin des bois a révélé qu’il s’agissait du onzième accident depuis avril 2017. Le préfet a mis le Siaap en demeure à quatre reprises en 2018 pour non-conformité à la législation, le syndicat FO de l’usine avait déposé des alertes pour des fuites de gaz ou des départs d’incendie peu avant la catastrophe. 

Juste après l’incendie, le Siaap et les autorités ont affirmé aux élus locaux et aux habitants inquiets que tout était rentré dans l’ordre. Il a fallu un autre accident industriel pour que celui d’Achères sorte de l’oubli tant la lenteur, le manque de transparence, voire le silence sont souvent les seules réponses des gestionnaires aux interrogations de la population.