Chauny - Aisne

Nexans : des aides publiques… pour augmenter les profits.

Brève
15/10/2009

Les salariés continuent de manifester contre le projet du groupe de fermer les deux usines de Chauny. Jeudi matin, c'est dans la ville voisine de Saint-Quentin qu'ils ont défilé au côté des salariés de Tergal Industrie, entreprise de Saint-Quentin qui vient de fermer.

La colère est d'autant plus grande que le groupe Nexans a bénéficié en juillet d'un investissement de près de 60 millions d'euros de la part du Fonds stratégique d'investissement (FSI). Détenu par l'État et la Caisse des dépôts et consignations, le FSI a été créé il y a un an pour soi-disant aider les entreprises à faire face à la crise.

À peine 3 mois plus tard, le groupe a annoncé son plan alors que malgré la crise il a fait des bénéfices en 2008.

La direction n'en a pas fini avec les travailleurs de Nexans, car ceux-ci sont décidés à ne pas se laisser jeter dans la misère sans réagir.

Teleperformance (région parisienne)

Performance sociale, zéro

Brève
15/10/2009

Teleperformance est une énorme entreprise disposant de 82 000 stations de travail informatisées et plus de 100 000 employés répartis sur 249 centres d'appels dans 47 pays. Cette entreprise a un chiffre d'affaires florissant. Et les bénéfices au premier semestre 2009 sont en hausse de 7,6 %.

En France, Teleperformance emploie 8 000 personnes et ses centres sont des sous-traitants de France Télécom, Bouygues, SFR, ou de compagnies d'assurances ou d'autres. Leader mondial des fournisseurs de services externalisés de gestion de la relation client, de l'assistance technique et du recouvrement de créances, ce groupe géant veut se débarrasser de 500 salariés.

En effet depuis le 16 juin, dans différents sites, les employés se sont mobilisés contre les projets de la direction qui prévoit la fermeture de trois centres en région Ile-de-France : Paris, Montigny-le-Bretonneux dans les Yvelines et Pantin en Seine-Saint-Denis. Seul restera le centre de Guyancourt (Yvelines). La direction prévoit aussi de supprimer 157 postes d'agents de maîtrise, dont 35 sur le site de Lyon Saint-Victorien.

Les salariés et les organisations syndicales ont mené diverses actions : grèves, manifestations, interventions auprès des donneurs d'ordres, France Télécom et autres. Le 8 septembre, des débrayages ont eu lieu sur les sites d'Orléans, Le Mans, Rennes, Toulouse, Lyon et Belfort. Et les salariés en grève de Montigny-le-Bretonneux, Pantin et Guyancourt se sont rassemblés place du Châtelet à Paris. Le 17 septembre, place de la Bourse, au milieu des salariés de la chimie, de l'automobile, la banderole des employés de Teleperformance était bien présente, comme elle l'était le 7 octobre lors du rassemblement devant le siège du Medef.

L'intersyndicale CGT-SUD-FO-CFTC et le Comité d'entreprise ont déposé un référé et le tribunal de grande instance de Paris a suspendu le 22 septembre le PSE (plan dit de sauvegarde de l'emploi !) jusqu'au 1er décembre, sous peine d'une astreinte de 5 000 euros par salarié en cas de modification du contrat de travail ou de licenciement. Et c'est donc le 1er décembre que la justice se prononcera sur le fond et dira si ce plan est annulé ou seulement suspendu.

D'ici là, les syndicats et le personnel comptent bien continuer la mobilisation pour le retrait de toutes les réorganisations, de toutes les suppressions d'emplois, et le maintien des sites en Ile-de-France. La direction prévoit, elle, que 318 personnes de la région parisienne devraient accepter, si elles ne veulent pas être licenciées, une mobilité vers les centres d'Orléans et de Villeneuve-d'Ascq dans le Nord, au mépris de la vie personnelle et familiale.

Oui, les salariés ont en face d'eux un mastodonte, mais ils ont la ferme volonté de le faire reculer, d'autant qu'au problème des suppressions d'emplois s'ajoutent des conditions de travail de plus en plus dures, avec des horaires de folie et un stress permanent.

Commissariat à l'énergie atomique (CEA) - Saclay

Les salariés disent non aux suppressions de cars

Brève
15/10/2009

Le centre CEA de Saclay, où travaillent 6 000 personnes, est difficilement accessible par les transports en commun. Aussi les lignes de cars, mises en place par le CEA à la fin des années quarante, représentent pour une large partie des salariés le seul moyen de venir sans utiliser leur voiture. Elles sont d'ailleurs quotidiennement utilisées par 1 200 personnes.

Cela fait un moment que la direction souhaitait réaliser des économies sur ces cars, et qu'une restructuration était dans l'air. Le projet qu'elle a finalement présenté mardi 29 septembre a suscité une vive émotion : sur 53 lignes existantes, 30 disparaîtraient purement et simplement, et d'autres seraient raccourcies ! Par ailleurs, la direction prévoit de repousser de quinze minutes l'horaire de départ des cars le soir, autrement dit de nous faire travailler plus.

Dès le jeudi 1er octobre, nous étions environ 400 à nous rassembler sur le site pour exprimer notre indignation devant le directeur du site. Visiblement il ne s'attendait pas à cette mobilisation, et au bout d'une heure il annonçait le retrait du plan ! Mais il ne s'agit pas d'un retrait définitif, puisqu'il prévoit d'en rediscuter, et maintient l'intention de décaler l'horaire des cars ; mais c'est un recul tout de même.

Cars PNA (Val-d'Oise)

Grève des chauffeurs pour la défense des salaires

Brève
15/10/2009

Depuis le 6 octobre, 136 chauffeurs de cars PNA sont en grève. Cette société de transport, basée à Vaud'herland dans le Val-d'Oise, compte 140 chauffeurs. C'est dire que la grande majorité des chauffeurs n'acceptent pas le projet de leur patron de diminuer les salaires de quelque 300 euros, par le biais de la suppression de plusieurs primes, comme celle liée à la prise de travail de très bonne heure, ou encore la prime de qualité ou de travail les jours fériés, ou d'ancienneté. Leur salaire ne dépasse pas en moyenne les 1 600 euros net, il n'est pas question de le voir diminuer.

Cette société a été rachetée en 2006 par le groupe Lacroix, qui n'avait pas garanti le maintien de ces primes au-delà de trois ans. Mais les chauffeurs n'ont pas dit leur dernier mot. Ils se retrouvent en assemblée dès 4 heures du matin pour organiser leur grève, en particulier pour aller discuter au départ des transports de travailleurs ou d'écoliers avec les chauffeurs d'autres sociétés que le patron envoie pour les remplacer. Du coup, la direction envoie des huissiers, mais cela ne les décourage pas.

En tout cas, à l'usine automobile Peugeot-Citroën d'Aulnay-sous-Bois que desservent les cars PNA, la grève est bien acceptée du côté des ouvriers, un peu moins du côté de la direction qui a dû sortir les carnets de chèques pour payer directement le taxi aux ouvriers sans bus. Une pression de plus qui fera peut-être réfléchir le patron de Lacroix-PNA.

Agents de sécurité - Aéroport de Roissy

Ensemble, c'est plus sûr

Brève
15/10/2009

On les voit quand on prend l'avion, ceux qui contrôlent les passagers, les 6 000 agents de sûreté qui travaillent à l'aéroport de Roissy. Éclatés entre des dizaines d'entreprises, ils ont des conditions de travail d'un autre âge.

Mercredi 7 octobre, ils se sont regroupés à 200, à l'occasion de la journée d'action nationale sur le travail décent. Et ce n'est rien de dire que, « décent », le travail ne l'est pas. Chez Derichebourg par exemple, les 600 agents de sûreté ont été vendus à une entreprise qui était... en dépôt de bilan ! Depuis, les deux tiers sont restés sur le carreau et n'ont pas de solution. D'autres salariés ont raconté les longues heures, le travail qui démarre à 5 heures, les horaires qui changent tout le temps, de la veille pour le lendemain, le manque d'hygiène sur le lieu de travail, l'attitude arrogante des chefs. Des agents d'une compagnie sous-traitante d'Air France, Cityjet, présents eux aussi, ont raconté comment ils ont dû se battre pour avoir des contrats respectant le droit français. Dans cette compagnie, on travaille tant que des pilotes se sont évanouis en vol !

Il faudra plus qu'une journée pour obliger les compagnies et ADP à nous respecter. Mais notre grève et notre manifestation dans l'aéroport se sont vues, jusqu'à la télé. Il faudra donc revenir, plus nombreux.