Jeudi 9 juillet 2009, les résidents du foyer de travailleurs Adef à Saint-Ouen sont arrivés en cortège devant le tribunal d'instance de la ville, où l'affaire de 80 résidents de ce foyer menacés d'expulsion est en cours de jugement.
Depuis juin 2007, le mécontentement ne cesse de grandir. Le foyer très dégradé exigerait des travaux urgents, l'entretien et le nettoyage sont si défectueux que cafards, punaises, souris prolifèrent, et surtout les loyers exorbitants - 403 euros pour une chambre de neuf mètres carrés pour une personne, et 339 euros par personne pour une chambre à deux - suscite le mécontentement général. Enfin, le comportement méprisant du gérant du foyer heurte la dignité de ces résidents qui réclament son départ.
En août 2007, devant le mutisme des responsables du foyer qui n'ont même pas expliqué la décision de fermer toutes les salles collectives (salles de réunion, d'alphabétisation, de télévision), bon nombre de résidents décidaient la grève des loyers à laquelle les gérants ont répondu en engageant des poursuites contre eux. En décembre 2008, quarante-sept résidents étaient condamnés à rembourser les loyers et à être expulsés même après paiement de leur dette (leur expulsion n'a toujours pas été mise à exécution à ce jour) et en mai 2009 quatre-vingts autres attendaient le même sort. C'est le jugement de ceux-là qui devait être rendu le 9 juillet.
La situation générale se dégradant, l'exaspération a monté d'un cran. Pour l'heure, bon nombre de travailleurs de ce foyer sont bien décidés à relever la tête.