Le 7 mai, dans le quartier du Faubourg Saint-Honoré à Paris-8ème, se tenait l'assemblée des actionnaires du groupe de luxe et de distribution PPR (Pinault Printemps Redoute). Réunis pour recevoir une excellente nouvelle, 418 millions de dividendes pour l'exercice 2008, ces messieurs-dames ont été accueillis à jets d'oeufs et huées par des manifestants, travailleurs et militants syndicaux du groupe.
Pourtant, "L'argent qu'ils [les actionnaires] gagnent, c'est nous qui l'avons créé", comme disait un cégétiste.
Or, pour faire encore plus de profit, le groupe Pinault (88 000 salariés) a annoncé 1800 suppressions d'emplois, 800 à Conforama, 672 à La Redoute et 400 à la Fnac, dont le magasin Bastille devrait fermer fin décembre 2009. Les manifestants ont dénoncé ces suppressions d'emplois dans un groupe qui maintient des profits de 875 millions d'euros en 2008. Pinault lui-même ne s'est pas oublié en augmentant son salaire 2008 à 2,5 millions d'euros au lieu de 2,2 en 2007.
Gendarmes mobiles et grilles de la Salle Pleyel fermées en guise de réponse aux manifestants témoignent bien du mépris des patrons de PPR. Qu'ils ne s'étonnent pas si les travailleurs se fâchent davantage.