Non à l’expulsion de madame Chongmei Ge ! Non aux expulsions de sans-papiers ! Régularisation de tous les sans-papiers !

Communiqué
20/02/2012

C'est au double titre de can­di­date à l'élection pré­si­den­tielle et d'ensei­gnante au lycée Le Corbusier d'Aubervilliers, où est sco­la­risé un des fils de madame Ge, que je m'asso­cie au comité de sou­tien à madame Ge et que je par­ti­ci­pe­rai demain, diman­che 19 février, au ras­sem­ble­ment contre l'expul­sion de madame Chongmei Ge, à 10h, devant le palais de jus­tice de Paris.

Madame Ge est entrée en France en novem­bre 2002, et y réside avec son époux de manière conti­nue. Elle a tou­jours tra­vaillé et pour­voit à l'éducation de ses deux fils, dont Dongjie Ge qui pré­pare un bac scien­ti­fi­que "scien­ces de l'ingé­nieur" au lycée où je tra­vaille. Elle avait fait des démar­ches auprès de l'OFPRA dès son arri­vée, en vain. L'obten­tion d'une régu­la­ri­sa­tion, après tant d'années de tra­vail, lui lais­sait espé­rer un meilleur avenir pour sa famille. La reconduite de madame Ge en Chine serait un drame.

La traque des tra­vailleurs sans-papiers est un des aspects les plus infâ­mes de la poli­ti­que anti-ouvrière du gou­ver­ne­ment. Les tra­vailleurs sans-papiers, chas­sés par la police, sont des proies pour la rapa­cité de patrons vau­tours ou de pro­prié­tai­res sans scru­pu­les. Madame Ge tra­vaillait dans un ate­lier de confec­tion et c'est lors d'une rafle qu'elle s'est fait arrê­ter.

Je m'oppose à l'expul­sion de madame Ge, qui a sa famille ici en France, qui vit et tra­vaille ici en France depuis 10 ans, comme je m'oppose à l'expul­sion de tous les tra­vailleurs sans-papiers.

Une mesure d'huma­nité élémentaire serait de régu­la­ri­ser tous les sans-papiers. Et ce serait aussi une mesure dans l'inté­rêt de tous les tra­vailleurs de ce pays. Car nous ne devons pas lais­ser une partie de la classe ouvrière, une partie de nous-mêmes, être privée des droits élémentaires, être si fra­gi­li­sée qu'elle n'a qua­si­ment aucun moyen de résis­ter à la pire exploi­ta­tion. Nous ne devons pas nous lais­ser divi­ser, car notre seule force, c'est notre soli­da­rité.

Nathalie Arthaud