La Réunion

Albioma, centrales thermiques Travailleurs de tous les pays unissons-nous !

Brève
15/06/2018

Le 24 mai dernier devant l’usine de Bois-Rouge, des représentants de la CGTR-BTP et de la CFDT-BTP ont convoqué la presse pour faire connaître leur opposition à la présence de travailleurs étrangers sur le chantier de la centrale thermique. Cette position était soutenue par la fédération patronale FRBTP.

Les représentants syndicaux contestant la réalité d’un manque d’ouvriers réunionnais qualifiés ont demandé des comptes à la direction d’Albioma, qui leur répond qu’elle n’a pas la main sur l’embauche de ces espagnols, que cela dépend des entreprises qui ont eu le marché.

Tout en affirmant qu’il n’a rien contre les travailleurs étrangers le représentant CGTR-BTP précisait qu’à ses yeux « les coupables sont ceux qui osent les employer ».  Dans Témoignages du lendemain, le PCR sur la même  position , revendique un droit réunionnais qui s’oppose aux droits français et européen pour que les entreprises soient obligées de recourir à des Réunionnais pour occuper ces postes.

Toutes ces déclarations brouillent la conscience et aboutissent en définitive à affirmer que les syndicats et le PCR se rangent derrière les patrons locaux, que les intérêts des travailleurs réunionnais passent par la défense des intérêts patronaux. C’est une imposture ! De plus, dans un contexte de fort chômage et de remontées xénophobes, montrer du doigt des travailleurs étrangers revient à les rendre responsables du manque de travail aux yeux de l’opinion et cela c’est criminel.

En fait, les intérêts des travailleurs, quelle que soit leur origine, sont étroitement liés. C’est en étant solidaires qu’ils peuvent contrer la rapacité patronale comme ils l’ont justement montré sur ces chantiers.

Albioma a passé plusieurs marchés avec de grandes entreprises du BTP, dont MOS une entreprise espagnole qui a fait venir sa « propre » main-d’oeuvre, pour réaliser des travaux de mise aux normes visant à limiter les émanations de fumées toxiques des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge.

Ces travaux doivent être réalisés sur la période de janvier à juin, hors période de la campagne sucrière, car les centrales thermiques doivent fonctionner à plein régime pendant la coupe des cannes pour fournir aux usines sucrières l'électricité nécessaire à leur fonctionnement.

La réalisation de ces travaux nécessitait l'intervention de plus de 100 ouvriers soudeurs à la qualification adaptée à ces chantiers très spécifiques. Localement seuls une vingtaine d’ouvriers posséderaient cette qualification, ce sont donc plus de 80 soudeurs espagnols et portugais qui sont venus réaliser ces travaux à leurs côtés dans des conditions d’exploitation éhontées.

Pour tenir les délais, livraison au 15 juin, l’entreprise sous-traitante faisait travailler les ouvriers 6 jours sur 7 10 heures par jour ! Ce qui laisse penser qu'il aurait fallu faire intervenir deux fois plus d'ouvriers pour faire respecter les 35 heures et les conditions de sécurité sur ces chantiers.

Quant à la paye la situation s'est rapidement détériorée au point que MOS n’avait toujours pas payé le salaire d’avril à la fin mai, rendant la situation des ouvriers intenables : impossibilité de payer leur loyer, de se nourrir, d’envoyer de l’argent à leur famille.

Avec des militants de la CGTR, des ouvriers réunionnais ont menacé, en solidarité avec leurs compagnons espagnols et portugais, de bloquer le chantier.

Devant cette menace le patron s’est empressé de payer.

Cette victoire a été scellée par un repas fraternel et chaleureux au cours duquel la barrière de la langue a pu être surmontée à l’aide d’un traducteur originaire du Sénégal.

Les travailleurs ont fait la démonstration qu’il ne faut pas se tromper d’ennemi : le seul étranger c’est le patron.

La Réunion

Mayotte : des pouvoirs publics odieux

Brève
10/06/2018

Depuis le début du mouvement de lutte contre l'insécurité à Mayotte, mi-février, le juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance aurait été saisi de plus de sept cents demandes de prolongation de rétention de personnes étrangères en situation irrégulière. Mais depuis le 21 mars l'Union des Comores refuse de réadmettre ses ressortissants expulsés de Mayotte et les places manquent en centre de rétention de Mamoudzou.

Dans ces conditions, ces demandes ne devraient aboutir qu’à la libération des personnes interpellées, décision que les pouvoirs publics se refusent à assumer.

Aussi le syndicat de la magistrature dénonce la politique démagogique du chiffre en appelant à l’arrêt des interpellations de clandestins à Mayotte.

Cela reste certes un geste symbolique, mais il souligne le mépris dans lequel préfet et gouvernement tiennent la population.

La Réunion

Fête de Lutte ouvrière : nous y étions !

Brève
23/05/2018

Comme chaque année, des camarades de La Réunion étaient présents à la Fête de Lutte ouvrière les 19, 20 et 21 mai dans la ville de Presles, dans le Val d’Oise.

Nos camarades y ont tenu un « forum » sur la situation du monde du travail à La Réunion et à Mayotte intitulé « Non à la gangrène nationaliste, oui à la solidarité de classe de tous les travailleurs ».

Ils ont expliqué en quoi le nationalisme et le racisme qui se développent dans ces deux départements français de l’Océan indien représentent un poison pour les travailleurs.

Ils ont rappelé que tous les travailleurs des îles de l’Océan indien ont les mêmes intérêts face aux capitalistes exploiteurs.

Nos camarades ont affirmé que les communistes révolutionnaires et internationalistes que nous sommes s’efforcent de rassembler les travailleurs afin de lutter pour changer ce monde.

Dans ses allocutions, la porte parole de notre organisation, Nathalie Arthaud, a dénoncé une fois de plus le système capitaliste qui « déshumanise » la société. Elle a apporté la solidarité de Lutte ouvrière à tous les travailleurs qui se battent pour leurs salaires et leurs conditions de travail, en particulier les cheminots qui continuent leur combat contre les mesures que veut leur imposer le gouvernement Macron.

La Réunion

Pas touche au salaire des fonctionnaires !

Brève
08/05/2018

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir supprimer la prime de vie chère des fonctionnaires ?

La Direction régionale des finances publiques (DRFP) demande aux trois hôpitaux CHU, Gabriel Martin et à l’EPSMR de ne plus indexer les primes versées au personnel dès la fin du mois de mai.

Si les directions de ces établissements suivent cette demande, les agents hospitaliers perdraient entre 250 à 800 euros.

Laurent Bien, le directeur de Gabriel Martin et de l’EPSMR, pense que cette suppression n’est pas « techniquement faisable » à la fin du mois de mai et qu’il y aurait « une rupture d’égalité » si celle-ci n’est pas appliquée à l’ensemble des agents hospitaliers !

La DRFP, l’ARS, la Chambre régionale des comptes, les directions des hôpitaux, en bons exécutants de la politique du gouvernement veulent faire des millions d’économie en baissant les salaires du personnel mais ne trouvent rien à redire aux milliards qui sont donnés en cadeau aux capitalistes.

Les hôpitaux ne sont pas les seuls dans la ligne de mire du gouvernement. La fonction publique territoriale pourrait être aussi concernée.

Aujourd’hui, ce sont les primes qui sont visées. Demain ce seront les salaires tout court.

La prime de vie chère a été arrachée par la lutte des travailleurs de la fonction publique dans les années cinquante.

Il serait bon que les employés des hôpitaux fassent au gouvernement et à ses soutiens cette piqûre de rappel, à commencer par ce vendredi lors de la manifestation appelée par les syndicats.

 

La Réunion

Fakir - Alerte, préfet dangereux !

Brève
25/04/2018

2 morts, 19 000 foyers encore privés d’électricité mercredi soir, de gros dégâts sur les cultures, de nombreux chemins et routes endommagés, des habitations inondées. C’est le bilan après le passage de la dépression cyclonique Fakir sur La Réunion dans la matinée du 24 avril.

Le phénomène météorologique « inattendu » et « exceptionnel » selon météo-France et le préfet, a surpris la population.

Ce qui n’est pas surprenant en revanche, c’est l’attitude du Préfet qui n’a pas cru nécessaire de déclencher les phases d’alerte (pré-alerte, orange et rouge) pour prévenir et protéger la population.

Pas surprenant car monsieur Amaury de Saint Quentin avait agi de même lors des cyclones Berguitta en janvier et Dumazilé en mars, en refusant de décréter l’alerte rouge qui aurait interdit toute circulation et toute activité économique, sous prétexte que les conditions n’étaient pas réunies, notamment des vents à moins de 150 km/heure...qui ont été atteints cette fois-ci dans l’est de l’île.

Le préfet a pris la décision de fermer les écoles et s’est contenté de conseiller aux habitants, en particulier ceux du nord et de l’est, « d’éviter de se déplacer » en déclarant que « rouler sous les fortes pluies est très dangereux » !

Pas tant que ça visiblement ! Car en n’ayant pas voulu arrêter l’activité économique le préfet a mis en danger de nombreux travailleurs qui se sont sentis obligés d’aller travailler.

Au yeux de ce représentant de l’État, la vie et la santé des travailleurs passent après les profits des patrons !