La Réunion

Eau potable à Mayotte : un luxe et bientôt... un rêve !

Brève
11/10/2019

À Mayotte au moins un tiers de la population n’est toujours pas raccordée à l’eau au robinet : certains s’approvisionnent sur des bornes fontaine (installées après une épidémie de choléra il y a quelques années), d’autres dans des rivières ou des puits. Selon une experte, dans un quartier de Tsoundzou, commune de Mamoudzou, les gens puisent dans une rivière pleine de déchets : ils sont tous malades ! En fait, quelle que soit la source d’approvisionnement une grande partie des habitants se plaint fréquemment de nuisances plus ou moins graves : maux de ventre, vomissements ou diarrhées.

L’Agence régionale de Santé se contente d’assurer qu’au vu des prélèvements effectués, l’eau du robinet et des bornes fontaines (60 seulement en état de marche sur 100) est de bonne qualité.

Pour ceux qui sont connectés au réseau, les coupures sont très fréquentes. Elles peuvent parfois durer des mois. Ainsi, pendant l’hiver 2016/2017, une partie des habitants n’a eu accès à l’eau potable au robinet qu’un jour sur trois. Actuellement, la production est au maximum. Les deux retenues collinaires de Dzoumogné et de Combani sont en train d’être vidées. Conséquence : le distributeur SMAE, filiale de Vinci, procède déjà à des coupures par endroits et cela ne va pas s’arranger, s’il ne pleut pas en forte quantité très prochainement.

Après les coupures de 2016/2017, les autorités, jamais avares de belles promesses, avaient prévu, dans leur « plan d’urgence eau », de construire une troisième retenue collinaire, d’ouvrir une nouvelle usine de désalinisation, de relier les réseaux du Nord et du Sud et de réhabiliter quatre forages. Cela n’a toujours pas été fait. Et ce alors que la consommation d’eau augmente tous les ans.

L’eau est une machine à profit pour une grande multinationale, qui exploite les travailleurs mahorais et facture l’eau beaucoup plus cher que partout ailleurs en « France ».

En attendant c’est la population qui paie l’incurie manifeste des pouvoirs publics et ce sont les actionnaires de Vinci qui empochent.

C’est ça le capitalisme pourrissant.

 

 

 

La Réunion

Grève à la Blanchisserie de Mayotte

Brève
17/09/2019

Lundi 9 septembre des salariés de la Blanchisserie de Mayotte, entreprise de vingt salariés, se sont mis en grève. Soutenus par FO, ils réclamaient une augmentation de salaire de 50% (la direction proposait 15%), la majoration des heures supplémentaires, l’embauche de 4 personnes, la mise en place de la prime à la participation et de la prime pénibilité, et enfin la mise en place de jours fériés chômés et payés supplémentaires.

La Blanchisserie de Mayotte a une grande activité : ses plus importants clients sont l’hôpital de Mayotte (1,4 tonne de draps par jour), la « DDASS », des hôtels, la Colas, la Légion étrangère, la base navale, Air Austral...

Les salariés travaillent du lundi au samedi, il n’y a pas de jours de récupération, l’employeur ayant  dérogé aux 35h, les conditions de travail sont éprouvantes : pas de postes assis, températures élevées et charges trop lourdes qui détruisent les dos.

Mardi, l’employeur a lâché une augmentation de salaire pour les agents de base, les 35h payées 39, la mise en place des primes et de six jours fériés, trois embauches.

La grève, c’est l’arme des travailleurs : la preuve !

La Réunion

Complètement gazés !

Brève
11/09/2019

La découverte d'un immense champ gazier au large des côtes mozambicaines a fait affluer vers ce pays pauvre tous les requins capitalistes mondiaux de la prospection pétrolière dont les petits prédateurs de La Réunion qui veulent leur part du gâteau.

Le président du Club Export de La Réunion en salive déjà : « 150 milliards d'investissements sont prévus au Mozambique. La Réunion ne peut pas passer à côté. Nous devons créer une offre pour nos entreprises ».

Pomper du profit c’est le réflexe pavlovien du capitalisme. Quel intérêt pour la population ou la planète ?

La Réunion

Absence de transports en commun : tout bénef pour les capitalistes !

Brève
29/08/2019

À La Réunion, quatre ménages sur dix ont un crédit en cours et parmi ces crédits, 70 % sont consacrés à l'achat d'une automobile.

Pas étonnant dans un pays où les transports en commun sont notoirement insuffisants et ne laissent pas d'autre choix aux travailleurs que d'acheter un véhicule personnel pour se déplacer.

Cette absence de transports en commun ne bénéficie en dernier ressort qu'aux capitalistes des concessions automobile (les Foucque, Hayot ou Caillé) qui imposent en plus aux consommateurs réunionnais des prix fortement majorés par rapport à ceux pratiqués en métropole, et aux banques qui se gavent avec les crédits à la consommation.

Elle génère à l'inverse force de désagréments pour la population laborieuse qui en plus de devoir s'endetter, doit supporter les embouteillages sans fin pour aller et revenir du travail, générateurs de fatigue et d'agressivité, et est victime d'accidents de la route, parfois mortels.

Aller dans le mur c'est le seul avenir garanti par le capitalisme. N'est-il pas temps de changer de route ?

La Réunion

Madagascar : une augmentation de misère pour un SMIG de misère

Brève
26/08/2019

 

Le président de Madagascar, Andry Rajoelina, avait annoncé le 1er mai dernier une « forte augmentation du SMIG de 19% ». Le SMIG passe donc de 42 euros à 50 euros par mois, soit 1,67 euros par jour alors que le seuil de pauvreté est à 1,85 euros par jour ! En outre, peu de travailleurs sont concernés, car 90% d'entre eux sont dans l'économie informelle où les salaires sont encore plus bas.

Le patronat prétend que la compétitivité des entreprises malgaches serait mise en danger par cette augmentation « brutale » d'un peu plus de 26 centimes par jour. Sans vergogne il a demandé en urgence des compensations : une augmentation du temps de travail, une exonération des heures supplémentaires et une baisse des impôts sur le bénéfice de 20 à 10%.

Ces demandes ont eu un écho favorable auprès du gouvernement du Premier Ministre Christian Ntsay, ancien expert auprès de la Banque mondiale, de l'Union européenne... et directeur de l'Organisation Internationale du Travail pour la zone de l'océan indien.

Pour sortir de la misère et imposer les augmentations de salaire à hauteur de leurs besoins, il faudra que les travailleurs se fassent craindre et imposent leurs revendications par la lutte collective.