Des armes à la place de larmes

Brève
16/07/2012

À sa descente d'avion, Victorin Lurel a parlé du drame du naufrage d'un kwassa kwassa au large de Mayotte dans lequel sept personnes ont trouvé la mort.

Même s'il s'est dit « attristé » et « partageant la douleur des familles », il ne s'est pas laissé déborder par ses sentiments. Au contraire puisqu'il a promis... la création d'un deuxième centre de rétention à Mayotte et le renforcement de la lutte contre l'immigration dite « clandestine » sur ce territoire !

Avec ce ministre, il n'y aura pas moins de morts mais plus de prisonniers !

Cachez ces SDF qu'ils ne sauraient voir

Brève
16/07/2012

Lors du défilé du 14 juillet à Saint-Denis, le préfet a donné l'ordre d'expulser tous les SDF qui se trouvaient sur le trajet ou à proximité.

Pas question qu'ils fassent « tache » dans ce tableau peint en bleu-blanc-rouge ou qu'ils choquent tout ce beau linge réuni, dont le ministre de l'Outre-mer.

Mayotte : un département français complètement à part

Brève
13/07/2012

Une circulaire du ministère de l'Intérieur adressée à tous les préfets de France met fin à la rétention des parents et de leurs enfants mineurs en situation irrégulière sur le territoire français... sauf à Mayotte.

Les milliers de familles comoriennes qui, fuyant la misère, tentent au péril de leur vie de gagner Mayotte pour espérer une vie meilleure, continueront donc à croupir dans le centre de rétention de Pamandzi, dans l'attente de leur expulsion vers leur île voisine.

Dans ce 101ème département français, plus de 5 000 enfants ont été enfermés en 2011. « Souvent, lors de leur interpellation, les parents préfèrent taire l'existence de leurs enfants pour leur laisser une chance de grandir à Mayotte "."D'autres n'ont pas le temps de les prévenir", dénonce le Cimade (comité inter mouvements auprès des évacués), service d'entraide. Ces enfants laissés sur place finissent pour la plupart à la rue, totalement démunis.

Si, en Métropole et dans les autres territoires d'Outre-mer, le gouvernement dit vouloir légèrement adoucir le sort des sans papiers, à 8 000 kilomètres de l'ex-puissance coloniale, des « étrangers » - en fait des voisins habitant tous le même archipel - subissent toujours les pires vexations.

Honni soit qui... Malé pense !

Brève
10/07/2012

Malé, le nouveau président d'Air austral, a réussi à faire passer la pilule amère auprès des actionnaires de la compagnie aérienne réunionnaise.

Il a d'abord obtenu que les pouvoirs publics locaux, représentés par la Région, le département et la Caisse des Dépôts et Consignations, apportent 63 millions d'euros au pot pour renflouer l'entreprise.

Il a ensuite fait avaler à ces mêmes actionnaires la réduction de la valeur de l'action Air austral de 450 à 20 €.

Les dindons de la farce sont, bien sûr, les petits actionnaires qui, tels les salariés de la compagnie, avaient placé leurs économies dans l'affaire. La menace d'un plan de licenciement a certainement permis d'emporter leur « accord »...

Théophane Narayanin, entrepreneur bien connu du BTP, s'est présenté comme le défenseur de ces petits porteurs. Les vrais maîtres d'Air austral n'ont pas tenu compte de sa proposition d'apporter 5 millions d'euros d'argent frais (rien que ça !). Ils sont passés en force. Lui, a perdu quasiment les 5 % du capital qu'il détenait, mais apparemment ça ne l'a pas catastrophé plus que cela.

Il faut croire qu'il se trouve des gens qui roulent sur l'or parmi les « petits actionnaires »!

Au final, c'est donc l'argent public et celui des travailleurs qui va permettre de renflouer cette compagnie privée. C'est cela, la véritable arnaque !

Les chiffres sont là !

Brève
06/07/2012

À quatre jours du début de la campagne sucrière, Jean-Yves Minatchy, sous sa double casquette de président de la Chambre d'agriculture et du syndicat de planteurs et d'éleveurs de la Réunion (CGPER), a envoyé un courrier au ministre de l'Outre-mer et aux nouveaux députés réunionnais pour demander un moratoire de cinq ans de « la politique coercitive en matière d'embauche dans le secteur agricole ».

En clair, ce syndicaliste patronal ne souhaite plus voir débarquer dans les champs de cannes, comme l'an dernier, les contrôleurs de la Sécu et de l'Inspection du travail pour débusquer le travail au noir. Et pour donner du crédit à ses propos, Minatchy minimise ce problème en insinuant que le nombre de coupeurs de cannes serait de 810 sur l'île, dont 60 non déclarés.

Pour couper près de 1 300 000 tonnes de cannes à la main, en sachant que les planteurs ne coupent pour ainsi dire plus leurs cannes eux-mêmes, il faut au moins 3 000 coupeurs. Le calcul est alors vite fait pour connaître le nombre de coupeurs non déclarés !

Si des petits planteurs qui ne peuvent pas faire face aux différentes charges de leur entreprise peuvent être aidés, cela ne doit pas être un prétexte pour permettre aux beaucoup plus gros d'arrondir leurs revenus avec une main d'œuvre au noir et sous-payée.