États généraux de l’Outre-mer : Et tout ça pour rien !
Les 137 mesures pour l'Outre-mer présentés le 6 novembre par Sarkozy sont, sans surprise, à destination du patronat. En revanche il n'y a rien eu en réponse aux préoccupations des travailleurs, des chômeurs, des jeunes.
Aux inutiles Observatoires des prix et des revenus se substitueront des inutiles GIR (Groupements d'intervention régionaux), qui n'auront pas plus d'effet pour combattre les abus de position dominante des grands groupes ou pour lutter contre la cherté de la vie.
Le préfet, qui voit au passage ses pouvoirs augmenter, ne sera pas le moins du monde gêné de « dégeler » les prix des carburants et du gaz, comme il a promis de le faire. Les patrons de la grande distribution continueront à augmenter les prix des produits, y compris ceux de consommation courante, etc.
Sarkorzy prétend encore vouloir lutter contre l'illettrisme. Mais comment entend-il réduire le nombre d'illettrés qui sont 120 000 à la Réunion sans donner des moyens supplémentaires à l'Education nationale ? Il prétend aussi vouloir rattraper le retard dans la construction de logements sociaux en cédant des terrains de l'État à titre gratuit. Mais quels terrains, à qui et avec quelle garantie ?
Au final cet arsenal de mesures non seulement ne permettra pas une résorption durable du chômage mais il ne fera que creuser l'écart entre les plus riches et les plus pauvres.
Les millions distribués à fond perdu aux capitalistes seront autant de recettes perdues par l'État et les collectivités territoriales qui, pour compenser le manque à gagner, puiseront à coup sûr dans les poches de la population.
La bombe de la crise sociale est loin d'être désamorcée. Et si le mépris affiché par Sarkozy envers la population laborieuse allume la mèche, ce ne sera que justice.