Toulouse

Les voeux de Sarkozy au patronat

Brève
19/01/2011

Jeudi 13 janvier, Sarkozy était à Airbus pour présenter ses vœux aux "forces vives économiques du pays"... c'est à dire au patronat.

Il leur a parlé de la "réhabilitation du travail" et du "renforcement de la compétitivité" des entreprises, mais aussi de la "défense de l'euro". Et pour bien prouver que c'est aux patrons qu'il s'adressait, il a porté une nouvelle charge contre les 35 h en déclarant "On ne peut pas travailler moins dans un monde qui avance à une vitesse stupéfiante".

Sur le fait que 200 travailleurs de Molex n'ont toujours pas retrouvé de travail, que ceux de Freescale sont toujours menacés d'être mis à la porte à la fin de l'année, ou que le chômage en Haute-Garonne est de l'ordre de 9,5 %, cette marionnette du patronat n'a rien à en dire...

Bref, des vœux... pas pour la France d'en bas. On s'en serait douté !

Toulouse (quartier Papus)

Une expulsion révoltante

Brève
17/01/2011

Lundi 10 janvier, au petit jour, un ouvrier carreleur d'origine turque a été arrêté par la police. 24 heures plus tard, il était embarqué dans un avion pour Istanbul. Il vivait en France depuis 10 ans avec son épouse et ses trois enfants dont les deux plus jeunes sont nés ici. Tous les trois sont scolarisés dans les écoles et au collège du quartier.

Toute la famille avait déjà été arrêtée en 2007 et placée en centre de rétention dans la banlieue toulousaine. Cette ignominie avait provoqué un élan de solidarité et de mobilisation parmi les personnels des établissements scolaires, les parents d'élèves, les voisins et associations du quartier. Une délégation massive s'était rendue au Tribunal administratif lors de l'audience qui vit la décision d'expulsion rejetée.

Depuis, cette famille espérait bien voir aboutir ses demandes de régularisation. C'était sans compter sur le fait que pour les mauvais coups, les services de l'état n'ont pas la mémoire courte.

Un rassemblement a eu lieu dès le lendemain 11 janvier devant l'école élémentaire. Une pétition a déjà recueilli 250 signatures et un comité de soutien s'est organisé pour exiger le retour du père et la régularisation définitive de toute la famille. C'est bien le développement de la solidarité dans ce quartier très populaire de Toulouse qui peut faire obtenir satisfaction.

Ibos (banlieue de Tarbes):

Bostik ferme : 30 emplois supprimés

Brève
27/12/2010

La direction de cette usine qui fait partie de la branche Chimie du groupe Total vient d'annoncer (juste avant Noël) à ses 30 salariés qu'elle fermerait d'ici fin 2011.

La direction parle d'un contexte économique difficile, on ne savait pas que ça allait si mal pour Total. Elle affirme aussi que chaque salarié se verra proposé un reclassement dans le groupe. Mais les autres sites de Bostik étant en région parisienne ou dans le Nord de la France, pas question pour les travailleurs de quitter comme ça la région. Un emploi équivalent n'est pas assuré à ceux qui refuseraient cet exil.

La direction parle de logique financière, mais soyons logique jusqu'au bout et prenons sur les milliards de bénéfices du groupe Total (entreprise phare du CAC40) pour éviter ces licenciements.

Continental (Toulouse-Foix-Boussens)

"Pépé V2", la double arnaque

Brève
23/12/2010

Après la mort de son plan Pépé (" Pérennité-Productivité ", qui visait à réduire le " coût du travail " de 8 %, sous la menace de supprimer 1000 emplois s'il n'était pas signé), rejeté par une majorité de salariés et dénoncé par les deux syndicats majoritaires, CGT et CFDT, la direction de Continental Automotive France est revenue à la charge avec... " Pépé V2 " !

A peu de choses près, " Pépé V2 " ressemble beaucoup à son défunt aïeul. Il s'agit toujours réduire le " coût du travail " en prenant sur les RTT, donc en augmentant le temps de travail. La différence, c'est que la direction y parle de " maintien du pouvoir d'achat pour 2011 ", et qu'elle y reprend à sa façon le slogan de Sarkozy, " travailler plus pour gagner plus ".

Mais dans ce prétendu " maintien du pouvoir d'achat ", la direction fait tout rentrer tout ce appartient déjà aux salariés : participation, intéressement, et même la prime " mondiale " que le Groupe Continental a décidé de distribuer à tous ses employés pour les excellents résultats de l'année écoulée.

Ensuite, elle ose proposer aux travailleurs " de se faire eux-mêmes " l'augmentation de leur salaire... en laissant plus de jours de RTT au patron !

Les deux syndicats majoritaires CGT et CFDT ont réaffirmé lors d'une réunion du personnel jeudi 16 décembre qu'ils ne signeraient pas plus cette nouvelle mouture que la précédente, et qu'ils y feraient opposition.

Bon nombre de travailleurs se disent qu'on se paie leur tête. Continental n'arrête pas de se féliciter - au niveau du groupe comme à Toulouse-Foix-Boussens - des excellents résultats de 2010.

Aussi, quand la direction du groupe vient leur écrire ses remerciements en leur souhaitant " de paisibles fêtes de fin d'année " , alors qu'elle continue son chantage à l'emploi et qu'elle a " suspendu "... le versement de la prime " mondiale " de 400 euros à la signature de l'accord, ça ne passe pas ! Et déjà, parmi les travailleurs, certains commencent à parler d'augmentations de salaires et de grève.

Toulouse

Kuehne+Nagel (sous-traitant de Airbus) a reculé !

Brève
14/12/2010

Après 2 jours et demi de grève largement majoritaire, la semaine dernière, les travailleurs de Kuehne+Nagel (sous-traitant de Airbus - près de 500 employés) ont repris le travail. Le patron a lâché 1,6 % avec un talon de 45 € brut (à peu près 36 € net) et avec effet rétroactif au 1er janvier, au 1er mars ou au 1er mai selon la date d'anniversaire de reprise des sociétés. Cela correspond à 3,2 % d'augmentation pour un salaire de 1 400 € brut et ils sont nombreux à être concernés !

Même si ce n'est pas ce qu'ils revendiquaient (ils réclamaient 60€ net pour tous), ce qu'il y a de sûr, c'est que ces 2 jours et demi passés ensemble leur ont permis de mieux se connaître. C'est la première grève qu'ils font ensemble, eux qui viennent de sociétés différentes et qui sont dispersés aux 4 coins de Airbus : chaînes A340, A380, A320, pôle Athos. Ensemble, ils ont senti combien leur travail est essentiel dans Airbus et combien il est inacceptable qu'aussi bien Airbus que Kuehne+Nagel se gavent sur leur dos. Des liens se sont créés et c'est ça leur force !

Les patrons de Kuehne+Nagel mais aussi ceux de Airbus devront compter avec.