Carrefour Claira (banlieue de Perpignan)

Nouveaux "concepts"... et suppressions d'emplois

Brève
08/12/2010

Depuis plusieurs années, Carrefour, sous la pression de ses actionnaires, s'est engagé dans une politique agressive de réduction des coûts, c'est-à-dire essentiellement de réduction de la masse salariale. Objectif : économiser 500 millions d'euros chaque année, ce qui s'est traduit concrètement par la suppression de 6000 emplois depuis cette date.

En 2010 a été lancé un nouveau concept commercial : "Carrefour Planet". Ce projet prévoie un nouvel agencement de la surface commerciale autour de petits espaces dédiés aux "grandes marques". L'espace de vente consacré aux rayons classiques et à leurs produits sera réduit, et on s'en doute avec lui... le personnel sous statut Carrefour. Sans parler de la la multiplication des caisses automatiques et des bornes interactives : bref, tout ce qui permet de supprimer des emplois !

A Carrefour Claira, près de Perpignan, le passage "Carrefour Planet" n'est prévu que pour 2012, mais en attendant, la direction met en test un "nouveau modèle opérationnel" : en plus du développement de la polyvalence à tout va, tout bénéfice pour la direction question réduction des effectifs, il est prévu la mise en place de 3 ou 4 tranches horaires de travail, s'étalant de 2 heures du matin à 23 heures le soir ! Bref, une généralisation du travail de nuit...

Personne n'est dupe, derrière la soif de "nouveauté" de la direction du groupe, on voit surtout la soif de profits de ses actionnaires, qui se partagent chaque année 600 à 700 millions d'euros de dividendes, mais qui en revendiquent toujours plus. Les 130000 salariés de Carrefour France devront leur opposer leurs propres revendications, et pour cela faire jouer leur force collective.

Tramway de Toulouse

Vive les marchés publics !

Brève
08/12/2010

Tisséo a payé rubis sur ongle les 18 rames flambant neuves à Alstom, pour 2,5 millions d'euros par rame. Tisséo en a commandé 6 de plus. Combien ce trust a-t-il ramassé de bénéfice grâce aux deniers publics ? Sans doute plus de 86€ par actionnaire...

C'est la SMAT (Société Métro Agglomération Toulousaine), qui a été chargée d'organiser les travaux du gros œuvre pour le Tramway : Construction et aménagement de voies, des lignes électriques, construction de nouveaux carrefours, de nouveaux trottoirs, construction de ponts, plantes vertes, gazon,...Il y a en eu pour un total de plus de 200 millions d'euros.

C'est l'argent public qui a permis de financer tous ces travaux. Ce sont des entreprises privées qui les ont réalisées. Et à combien se sont élevés les profits de ces entreprises ?

Tramway de Toulouse

Grève pour les salaires

Brève
08/12/2010

Tisséo emploie près de 2400 personnes, dont près de 1300 conducteurs de bus. La toute nouvelle ligne de tramway de Toulouse devait être inaugurée en grande pompe le samedi 27 Novembre. Mais cette inauguration a finalement été annulée la veille par le président de Tisséo. En effet, les syndicats Sud, CGT, CFDT, FO avaient appelés à bloquer le tramway le jour de l'inauguration.

A l'origine, il y avait eu la demande syndicale d'une prime de 300€ pour tous à l'occasion de la mise en service de la nouvelle ligne de tram. Mais pour Tisséo, il n'était question que de 300€ pour ... 300 agents qui seraient "impliqués dans le tram". Proposition qui a été refusée par les syndicats car jugée discriminatoire.

Indépendamment de cette prime, les Wattmen (conducteurs de bus habilités au tram) risquent même d'y perdre sur leur paie : ils n'ont pas eu les 86€ d'augmentation que seuls les agents de maîtrise Tram ont perçu, et ils vont perdre une prime de 30€ par mois que touchent les conducteurs de bus. Au final, un conducteur de tram aurait une paie plus faible que lorsqu'il conduisait un bus.

Le lundi 29 novembre les Wattmen ont donc décidés de bloquer la sortie des tram du dépôt. Depuis, pas une rame ne sort. Les Wattmen font 1h de grève par jour et se relaient pour bloquer la sortie des rames, avec l'aide de nombreux conducteurs de bus venant en dehors de leurs heures de travail pour participer au blocage du dépôt.

Les syndicats réclament une augmentation de 10 points sur les salaires des Wattmen, soit 86€ par mois, correspondant au supplément de rémunération qu'ont perçu les agents de maîtrise qui ont eu l'habilitation tram. Ce qui ne serait que réparer une injustice.

Les conducteurs de tram ont raison de se battre contre l'injustice qui leur est faite. Et il y en a une autre et qui concerne l'ensemble des salariés de Tisséo, ce sont les salaires insuffisants indépendamment du métier exercé.

Toulouse

A Marchant, on ne lève pas le camp

Brève
07/12/2010

Depuis un mois et demi, malgré le froid les personnels de l'hôpital psychiatrique Marchant restent mobilisés sous leur tente à l'entrée du site.

Même s'ils ont obtenu quelques concessions sur les conditions de travail, ils attendent toujours les effectifs qui leur manquent.

Le directeur de l'Agence Régionale de Santé dit vouloir faire avancer les choses mais campe sur ses positions.

Le personnel aussi.

LABINAL - Villemur sur Tarn (banlieue toulousaine)

Mystification et tromperie

Brève
19/11/2010

L'édition Nord-Est de la Dépêche du Midi du 17 novembre fait sa une avec un titre pleine page "Labinal, l'anti-Molex" ; et en plus petit "L'entreprise investit à Villemur sur Tarn pour sauver 500 emplois". C'est faire peu de cas de l'histoire récente de cette usine, qui employait il y 30 ans plus de 1500 personnes à Villemur.

Dans les années 2000, les "dégraissages" se faisaient par étapes.

Les dirigeants de Labinal ont d'abord divisé l'entreprise en établissements distincts ("filialisés") et en particulier les secteurs connectique automobile (CINCH) et câblage automobile (SYLEA Labastide Saint Pierre).

Ensuite ces filiales "automobile" ont été vendues, lors du rachat de Labinal par la SNECMA : Sylea à VALEO d'abord, Cinch à MOLEX ensuite. En quelques années, les acheteurs qui n'étaient intéressés que par les parts de marché que ces entreprises représentaient, les ont fermées. Valeo a fermé ses usines dans la région (plusieurs centaines de licenciés) et Molex a fait de même ensuite à Villemur.

Molex et Valeo se sont comportés comme des patrons voyous certes, mais c'est Labinal-Snecma qui leur a, en quelque sorte, sous-traité les licenciements, en préparant cela des années auparavant.

Alors, affirmer que Labinal serait "l'anti Molex", est une mystification : Labinal a collaboré aux licenciements chez Valéo comme chez Molex.

De plus, on apprend dans l'article que dans l'opération de déménagement de Labinal, l'Etat contribuerait à hauteur de 900 000 euros ; et dans l'aménagement de la Zone artisanale où se situerait la nouvelle installation de Labinal, l'intercommunalité prendrait à sa charge 2,5 millions d'euros.

Autrement dit, Labinal l'auxiliaire de Molex et Valeo dans la destruction de centaines d'emplois, se fait bien arroser avec l'argent public, alors qu'en tant que filiale du groupe Safran (60 sites industriels en France avec 35 248 salariés) elle engrange de substantiels bénéfices. Ainsi le chiffre d'affaire de Safran au 30 octobre 2010 s'établit à 7790 millions d'euros, en hausse de 3,4% par rapport à la même période en 2009.

Affirmer que "Labinal sauve 500 emplois", c'est une tromperie : comme n'importe quelle grande entreprise, Labinal ne poursuit que le profit de ses actionnaires, au détriment de l'emploi et ... des finances publiques.

Si l'Etat ou les pouvoirs locaux voulaient vraiment défendre les intérêts des salariés, c'est vers le groupe Labinal-Snecma-Safran qu'ils devraient se retourner, plutôt que lui servir la soupe.

Pour Lutte Ouvrière

Sandra Torremocha, porte parole de Lutte Ouvrière Midi-Pyrénées.

Elisabeth Podgorny, militante syndicale chez Labinal-Villemur