Agen (Lot et Garonne)

Les éboueurs en grève

Brève
25/10/2010

Mercredi 20 octobre, après avoir fait grève contre la réforme des retraites le 19, la très grande majorité des éboueurs de la communauté d'agglomération d'Agen a décidé de continuer la grève pour exiger la revalorisation de leur régime indemnitaire, l'embauche des travailleurs précaires, ainsi qu'une prime d'insalubrité.

Ils dénoncent des salaires stagnant à 1300 euros avec plus de 10 ans d'ancienneté, alors que les tournées s'allongent avec la mise en place de la communauté d'agglo et que les embauches ne suivent pas.

Devant la surdité de la direction des services, dans la nuit de vendredi à samedi, 40 tonnes d'ordures ménagères ont été larguées dans les rues de la ville. Ordures qu'au petit matin, les autorités municipales ont fait ramasser par des travailleurs en réinsertion sociale, travailleurs qui pouvaient très difficilement refuser quoi que ce soit. Ensuite, les grévistes ont eu droit au chantage avec une plainte et la menace d'intervention de la police contre le piquet qu'ils tiennent en permanence à l'entrée du centre technique.

La lutte des éboueurs pour leurs revenus et les embauches est juste et elle concerne tous les travailleurs, car on a tous à faire face aux salaires bloqués, rongés par l'inflation et au sous-effectif récurrent dégradant les conditions de travail alors que des centaines de milliers de travailleurs sont condamnés au chômage et à la précarité.

Continental (Toulouse)

"Pépé" est enterré

Brève
17/10/2010

La direction de Continental aura tout tenté pour faire passer son plan « Pépé » visant à réduire de 8 % de la masse salariale - « Pépé » pour « Productivité-Pérennité », renommé depuis en plan de « maintien de l'emploi » - . En vain : les deux syndicats majoritaires, la CGT et la CFDT, se sont opposés à l'accord signé par les syndicats minoritaires.

Le 13 septembre dernier, elle avait organisé une consultation-bidon auprès du personnel, avec la menace de licenciements à la clé : résultat, entre les refus de vote et les « non », c'est 57 % du personnel qui a rejeté ce plan.

Les deux syndicats majoritaires avaient dit lors d'un meeting devant l'usine qu'ils s'opposeraient à l'accord s'il était signé. Pour tenter de les faire plier, la direction a annoncé qu'il y aurait 1000 emplois menacés si l'accord n'était pas validé : 500 à Foix et 200 à Boussens, soit la totalité des deux sites, et 300 à Toulouse.

Puis elle a mobilisé les cadres dirigeants et certains de leurs subordonnés pour perturber une réunion du personnel organisée vendredi 8 octobre par la CGT et la CFDT, ceux-ci allant de cris et de hurlements jusqu'à la tentative de pression physique. Ce n'était pas encore comme à General Motors, mais ça s'en rapprochait. Mais salariés et organisateurs ne se sont pas laisser impressionner.

Et enfin, la direction est allée pleurer auprès des pouvoirs publics pour organiser une « médiation » pour faire plier les syndicats récalcitrants. Mais là encore, ce fut un échec, les syndicats majoritaires ont confirmé leur opposition.

Dans l'usine, les militants des deux syndicats ont reçu les félicitations et les encouragements de tous ceux qui les soutiennent, et ils sont la majorité.

« Pépé » est donc enterré. Mais on peut être sûr que la direction essaiera de remettre le couvert bientôt : la menace des 1000 suppressions d'emplois demeure, et syndicats et salariés restent vigilants.

Toulouse

14 octobre : la mobilisation continue

Brève
15/10/2010

Le 14 octobre, à l'appel des syndicats du département, les travailleurs en grève se sont retrouvés en manifestation. Même parfois minoritaires dans leurs établissements les grévistes venaient de l'Education, du Conseil Général, de la Poste, de la Météo, de la CRAM, de l'équipement.

Il y avait aussi des délégations syndicales, des travailleurs solidaires même s'ils n'étaient pas en grève. Il y avait aussi un cortège de Freescale et de Air France.

Ils ont été rejoints par des lycéens en grève qui représentaient les deux tiers des manifestants. Au bilan ils étaient des milliers (20 000 selon les syndicats).

Bref, la mobilisation continue ! Prochains rendez-vous : samedi 16 octobre et mardi 19 octobre.

Rendez-vous pour les manifestations de samedi 16 octobre :

Pamiers (09) 10h Place Milliane

Carcassonne (11) 10h30 Square André Chenier

Toulouse (31) 10h Allées Charles de Fitte M° Saint-Cyprien

Auch (32) 10h Place de la Libération

Bordeaux (33) 14h Place de la Victoire

Montpellier (34) 14h30 Rives du Lez

Tarbes (65) 10h Bourse du Travail

Perpignan (66) 10h Place de Catalogne

Albi (81) 10h Place du Vigan

Castres (81) 10h30 Sous-préfecture

Montauban (82) 10h Esplanade des Fontaines

Bordeaux, Toulouse, Tarbes, Montauban...

Journée du 12 octobre : mobilisation encore en hausse

Brève
14/10/2010

Que ce soit à Bordeaux, Toulouse, Montauban ou Tarbes, les manifestations de la journée du 12 ont été les plus importantes depuis début septembre.

A Bordeaux, le cortège était très dense du début à la fin. Plusieurs cortèges (SNCF, Centre Financier de la Poste, Hôpital Saint-André, ainsi que les lycéens) ont convergé vers la place de la Victoire. Toutes les entreprises importantes (Ford, Thalès, SNECMA, EADS, SNPE, CRAMA...) avaient leur banderole, sans compter les travailleurs de petites entreprises qui n'en avaient pas. Plusieurs milliers d'étudiants et de lycéens fermaient la marche et ont été chaleureusement applaudis à l'arrivée par les autres manifestants. Sur tous les visages se voyait la satisfaction de s'être retrouvés encore plus nombreux cette fois-ci.

A Toulouse aussi, ça a été la manifestation la plus longue et la plus nombreuse. Tout le monde était content de se retrouver si nombreux, et le sourire était sur toutes les lèvres. Là aussi les plus grosses entreprises étaient là (Airbus, Continental, Freescale, Thalès,...) mais aussi des plus petites. Le cortège était parsemé de groupes de lycéens cherchant leurs banderoles, et derrière celles-ci, quelques milliers de lycéens reprenant à tue-tête tous les slogans et en particulier : "on n'en veut pas, de cette société-là"

A Montauban, ce fut la manifestation la plus importante, et contrairement aux manifestations précédentes, des jeunes étaient présents. Une belle internationale a été chantée devant la mairie.

A Tarbes, le cortège était le plus gros et plus animé que les autres fois : bruit, pétards, chants... Là encore de nombreuses banderoles d'entreprise (Socata, Alstom, cheminots, communaux...), et la présence remarquée de plus d'un millier de jeunes.

Bref, un succès qui renforce le moral et la détermination des grévistes et manifestants, et qui en appelle d'autres.

Clinique Medipôle (Toulouse)

Le sport c'est bon pour la santé... des profits

Brève
14/10/2010

La clinique Medipôle Garonne (270 salariés) est une nouvelle clinique ultramoderne située au sud de Toulouse, en face du tout nouveau Cancéropôle : 14 blocs opératoires, IRM de dernière génération et centre de rééducation ultramoderne. Elle est aussi connue sous le nom de « clinique du sport » et se targue de détecter les "bobos des champions", mais elle pratique surtout la course à la rentabilité.

Les lits d'hospitalisation doivent être les plus rentables possibles. Un patient sortant est aussitôt remplacé par un autre et il arrive fréquemment que les entrants attendent dans le couloir que leur chambre soit libérée. Et pour le personnel du ménage et les aides soignantes, c'est un vrai marathon pour nettoyer au plus vite et préparer le lit. Le bloc opératoire tourne à plein régime aussi. Souvent le patient est attendu au bloc alors qu'il vient à peine de rentrer à la clinique !

Le service d'imagerie (radio, scanner, IRM), fleuron de la clinique, est indépendant de celle-ci et directement gérée par les radiologues qui se comportent comme de véritables petits chefs d'entreprise. Les temps pour réaliser les examens sont réduits au minimum : les manipulateurs radio appellent le patient en salle d'attente, bondée, ont à peine le temps de l'interroger correctement, réalisent au plus vite l'examen, sortent les clichés, ..., et au patient suivant.

On comprend mieux l'appellation de « clinique du sport » : pour le personnel c'est la course tous les jours...et on doit réaliser des exploits en permanence !