Les aides-soignantes et les aides hôtelières sont en grève dans cette maison de retraite gérée par le groupe ORPEA. La grève a débuté le 5 juillet, contre la remise en question des horaires de travail. Sous prétexte de retarder d'une demi-heure le dîner, la directrice chamboule les horaires du personnel. Cette réorganisation rend le travail impossible.
Les agents peuvent se retrouver le matin à un seul ou le soir pendant une heure. Comment faire pour lever ou coucher les résidents ? Il faut attendre l'équipe de nuit !
Avant, une pause de 2 heures coupait la journée de 10 heures de travail. Maintenant, ces 2 heures ne sont plus consécutives. Les agents doivent donc souvent rester sur place pendant 12 heures ! La directrice répond : « prenez vos baskets et faites le tour du stade ».
On comprend la colère qui a éclaté. Un piquet de grève est installé 24 h/24, où les soutiens sont nombreux : signature d'une pétition, soutien financier, visites, coups de klaxon...
La directrice refuse toute discussion. Le 17 juillet, une réunion a eu lieu avec l'ARS (agence régionale de santé) et l'inspection du travail, mais sans les délégués du personnel.
ORPEA, qui refuse d'embaucher, fait venir des salariés de Toulouse, Brive, Limoges... pour remplacer les grévistes pendant 3 ou 4 jours, frais d'hébergement payés ! Le groupe va distribuer plus de 26 millions d'euros aux actionnaires en septembre ! Ce n'est donc pas un problème d'argent. Pour ce groupe qui ne fait, bien sûr, pas des soins, mais du fric, la santé n'est qu'une marchandise qui peut rapporter gros.