De Bertelsmann à ArcelorMittal : interdire les licenciements
Deux grands groupes mondiaux viennent de publier un bénéfice identique en 2011 : 1,7 milliard d'euros, l'équivalent du salaire annuel de près de 60 000 travailleurs payés 1 500 euros, charges comprises.
Si les menaces sur ArcelorMittal Florange font la une de l'actualité, les projecteurs sont nettement moins braqués sur l'usine Sonopress de Forbach, menacée de fermeture, une usine qui fabrique des CD et qui a été progressivement étranglée par Bertelsmann, qui en a tiré tous les profits qu'elle pouvait.
Bertelsmann est un empire qui comprend : RTL Group avec 41 chaînes de télévision et 34 stations de radio dans 10 pays (dont le groupe M6 en France) ; le groupe de presse Grüner + Jahr avec 13 500 salariés, 500 magazines dans 30 pays. C'est aussi Random House, qui vend 400 millions de livres dans 16 pays, ou encore Arvato, avec 60 000 salariés dans le monde.
A qui fera-t-on croire que Bertelsmann ne peut pas maintenir l'emploi des 51 travailleurs de Sonopress à Forbach ? Pas aux travailleurs de Forbach, qui sont bien décidés à conserver un emploi et un salaire et à se battre pour cela. D'autant que Bertelsmann, en dix ans, a pompé 16 millions de l'usine de Forbach, tout en ayant investi seulement 1,6 million. Ce sont les pouvoirs publics qui ont financé l'essentiel de l'installation de l'usine.
Oui, on devrait interdire à ces grands groupes mondiaux comme ArcelorMittal et Bertelsmann, gavés de profits, de jeter les travailleurs et les usines comme on jette un CD. Il faut leur interdire tout licenciement et toute suppression d'emplois, il faut leur imposer de répartir le travail entre tous les sites et tous les travailleurs, sans baisses de salaire, à l'heure où, tous les jours, mille travailleurs s'inscrivent à Pôle emploi.