Le Républicain lorrain : « Il faut interdire les licenciements »
Jean-Pierre Mercier, porte-parole de Lutte ouvrière, était au débat qui a suivi la projection du film Salariés sans frontières de Gilles Balbastre lors de la fête du parti à Metz dimanche. Photo Marc WIRTZ
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Jean- Pierre Mercier, porte-parole de Lutte ouvrière, était à la fête du parti, à Metz. Pour lui, la défense des salariés se fait à l'usine plus que dans les urnes.
Vous n'êtes pas venu à Metz pour faire campagne : Lutte ouvrière est quasiment absente des élections départementales. Pourquoi ?
Jean-Pierre MERCIER : « Dans le secteur, on a un binôme dans le canton de Val Lorraine Sud (Meurthe-et-Moselle). Mais les départementales, ça n'intéresse personne ! On s'investira plus pour les régionales même si les élections ne changeront pas les choses. L'exemple grec nous conforte dans cette conviction : ce n'est que lorsque le monde du travail se mobilise et occupe les usines que les choses bougent ! Nous, on est présents dans les syndicats, les entreprises, les quartiers. Moi-même, j'étais militant à PSA-Aulnay qui a fermé. Sur les 3 000 salariés, une grande majorité a rejoint Pôle emploi. En Moselle, PSA a supprimé une centaine d'emplois sur les sites de Trémery et Borny alors que le groupe, en France, a touché 180 millions d'euros au titre du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivé et l'emploi). Mais il a supprimé 3 500 emplois en 2014 ! Il faut un mouvement ouvrier pour interdire aux patrons de licencier en pleine crise économique ! »
C'est l'une de vos revendications phares. Quelles sont les autres ?
« Face à une situation qui s'aggrave, on exige que les salaires augmentent au même titre que les prix et les impôts. On exige que les salariés mettent leur nez dans les comptes des entreprises qui organisent leur faillite pour licencier. On se bat contre la réforme des retraites, contre le CICE, contre l'accord national interprofessionnel (ANI) qui permet davantage de flexibilité pour l'employeur. On lutte contre la loi Macron qui casse le contrat de travail : c'est un recul gigantesque de 150 ans de lutte ouvrière ! Sarkozy n'était jamais allé aussi loin ! »
Le vote ouvrier en faveur du FN progresse. Qu'en pensez-vous ?
« La plus grande force du FN, c'est la politique anti-ouvrière du PS. Nous, on dit aux ouvriers que voter FN, c'est voter pour une politique encore plus patronale. Marine Le Pen est comme Hollande quand il était dans l'opposition, ennemi de la finance et favorable à une retraite à 60 ans : elle fait des promesses qu'elle ne tiendra pas ! Ce n'est pas elle qui fera un nouveau juin 36. »
Propos recueillis par Céline KILLÉ.
© Le Républicain Lorrain, Mardi le 03 Mars 2015 / Région / Droits de reproduction et de diffusion réservés