Le Républicain lorrain :  « Le seul candidat anticapitaliste »

Article de presse
15/05/2015

Guy Maurhofer veut « réveiller la conscience collective des ouvriers ». Photo RL

Guy Maurhofer conduira, comme l'an dernier, une liste Lutte Ouvrière à l'élection municipale de Thionville. « Je ne serai pas le prochain maire de Thionville », dit pourtant le candidat. Avec sa liste, il veut surtout donner aux travailleurs l'occasion d'exprimer un ras-le-bol.

Ne vous fiez pas à sa voix monocorde et à son sourire sympa. Guy Maurhofer est un révolutionnaire, un vrai. Un de ceux qui pensent que le vote ne changera rien et que seule la révolte populaire pourra renverser le système. Un révolutionnaire déterminé, pas du genre à abandonner le combat au moindre revers. Il n'a fait "que" 2,75 % des voix l'an dernier, à l'élection municipale de Thionville finalement annulée ? Qu'importe ! Il y retourne. Un choix « naturel », dit-il. Un devoir, aussi, vis-à-vis de ses camarades. « Il fallait que le camp des travailleurs soit représenté, explique-t-il. Comme l'an dernier, cette liste sera composée d'ouvriers. Nous sommes une alternative aux candidats du système capitaliste. Je suis le seul candidat anticapitaliste. » Et ce ne sont pas les communistes, avec leur liste autonome, qui allaient le faire changer d'avis : « Le PCF, nous dit, depuis des années, que le vote va changer la société. En fait, voter pour eux n'a jamais rien changé. »

Et voter pour Lutte Ouvrière, alors, qu'est-ce que ça peut apporter ? « Si nous avions des élus au conseil municipal, nous y serions les yeux et les oreilles du monde du monde du travail, explique-t-il. Après, je suis conscient que je ne serai pas maire de Thionville. Et puis de toute façon, ce n'est pas cette élection municipale qui changera la vie des gens. » Il le redit : « Le changement passera par la mobilisation de la classe ouvrière, comme en 36 ou en 68. On ne sent peut-être rien venir, mais tout peut aller très vite. » L'énorme mobilisation qui a suivi les attentats de janvier n'a fait que renforcer l'espoir qui est le sien. « La conscience collective s'est éveillée », observe-t-il. À travers sa candidature, ses tracts, ses après-midi de porte à porte, il veut réveiller cette conscience, avec encore plus fracas.

418 voix l'an dernier

Comme l'an dernier, lui ne parlera ni du 3e Lieu, ni commerce de centre-ville, ni du périscolaire, ni même de l'actualité judiciaire qui secoue Thionville. « Ce n'est pas ce qui intéresse les gens, tranche-t-il. Ce qu'ils veulent, c'est du travail. Ils sont scandalisés par les retraites chapeau des grands patrons qui licencient, par le train de vie des milliardaires qui s'échangent des Picasso à 180 millions d'euros, par ces élus qui cachent des lingots en Suisse... »

L'an dernier, sa liste avait obtenu 418 voix. Pas grand-chose, mais déjà beaucoup au regard de la faiblesse de l'écart final entre Anne Grommerch et Bertrand Mertz. Guy Maurhofer n'avait donné aucune consigne de vote pour le second tour et lui-même avait voté blanc. Il s'en explique simplement : « Je ne pouvais pas voter pour un parti défendant le système capitaliste » Un vrai de vrai.

Anthony VILLENEUVE.

© Le Républicain Lorrain, Vendredi le 15 Mai 2015 / THI /

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