Le Républicain lorrain :  Lutte Ouvrière s'offre une tournée estivale des usines

Article de presse
21/08/2013

Jean-Pierre Mercier, porte-parole national de Lutte Ouvrière, était hier soir à Metz. Photo Pascal BROCARD

La formation trotskiste profite de la trêve estivale pour occuper le terrain. À la porte des usines, elle tente de convaincre les Lorrains d'agiter le chiffon rouge.

"Exit la crise ? Vive la reprise... » Insensible à l'optimisme élyséen, Lutte Ouvrière dégaine son credo, inoxydable « Non, la crise n'est pas finie », objecte Jean-Pierre Mercier, « elle frappe même de plus en plus durement les travailleurs toujours plus exposés aux rigueurs du système dominant » : « À l'origine du mal, le capitalisme », bien sûr, et ses affidés : « patrons, financiers et banquiers ».

Rien de neuf sous le soleil de l'extrême gauche. En présence d'une quarantaine de disciples rompus à la doxa, le porte-parole national de LO assénait, hier soir à Metz, un discours monolithique.

Un copié-collé d'Arlette Laguiller clairement assumé : « Nous, à la différence des socialistes, on ne change pas. Avec Nathalie Arthaud, on reste fidèles à nos idées », tranche le militant, par ailleurs ouvrier syndicaliste CGT à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois.

Alors, avec Mario Rinaldi et Étienne Hodara, Jean-Pierre Mercier pointe « les 176 000 chômeurs lorrains » pour mieux déplorer la perte de 120 postes de surveillants dans les établissements scolaires de l'académie et l'atteinte aux effectifs du CHU qu'il chiffre à 250 salariés en moins.

Hausse des prix, salaires bloqués, flexibilité professionnelle accrue par l'accord sur l'emploi, menaces sur les retraites à la veille d'une réforme d'ores et déjà dans le collimateur... Le tableau dépeint de la première année du quinquennat Hollande ressemble à un monochrome noir.

Le 10 septembre, LO défilera derrière la CGT, pour une rentrée sociale qu'elle espère plus chaude encore que l'été.

Engelmann une exception

Au reste, la formation trotskiste se prépare pour les prochaines échéances électorales. À l'horizon des municipales et des européennes, LO présentera « autant de listes que possible », assure de son côté Étienne Hodara. Sans crainte de jouer une fois encore sa partition en solitaire. Faute d'accord en vue à la gauche de la gauche. Mélenchon ? « Il croit qu'en passant de la Ve à la VIe République, les choses iront mieux », ironise Mercier.

Quant aux FN, « il fait avant tout le jeu des patrons, ça n'est pas Marine Le Pen qui s'attaquera à la grande bourgeoisie, ou réclamera l'interdiction de licencier », poursuit celui qui refuse en outre de croire en une quelconque porosité entre l'électorat de l'extrême droite et d'une partie de la gauche. Le cas du Mosellan Fabien Engelmann, ex-LO devenu cadre frontiste, ne serait qu'« une exception ». À voir.

Xavier BROUET.

© Le Républicain Lorrain, Mardi le 20 Aout 2013 / Région