Á Carvin, l'équipementier automobile Visteon (26 500 emplois dans le monde) produit des pièces pour Peugeot et pour Toyota. Or, Toyota n'a pas renouvelé son contrat et celui avec Peugeot est limité. La direction parle de fermeture pour fin 2011.
Lorsque le 30 novembre, les responsables du site ont annoncé 60 mutations sur le site de Gondecourt (à dix kilomètres) où travaillent plus de 800 personnes dont beaucoup d'intérimaires, ce fut comme un coup de poing : la grande majorité des 120 salariés se sont mis en grève d'autant plus qu'une partie des mutés devait retourner en production. Les salariés refusaient d'être des pions. Finalement, une prime de 7 500 euros a été négociée ainsi que la récupération des heures de grève par des RTT ou des heures supplémentaires, le lundi 6 décembre. Le travail devait reprendre.
Mais dès le mardi 7, la direction de Vistéon a remis en cause cet accord. Les salariés se sont remis en grève, encore plus déterminés pour obtenir les 7 500 euros.
Plutôt que de donner cette prime aux travailleurs, les patrons préfèrent payer des pénalités plus importantes aux maisons-mères comme Peugeot.
Les grévistes de Carvin ont raison de se défendre, et comme on est tous menacés par l'avidité des patrons, il faudra se battre ensemble, Carvin, Gondecourt et finalement tous les travailleurs, car on a les mêmes problèmes.
Et l'on peut imposer de partager le travail, en diminuant les heures et en maintenant les salaires, les patrons et les actionnaires ont les moyens de payer.