EHPAD-Wattrelos (Nord)

Le manque de matériel tue

Brève
21/04/2020

La presse locale a annoncé dimanche 19 avril, le décès de 4 patients à l’Ehpad de Wattrelos et la contamination de 22 autres pour ces dernières semaines. Ces drames auraient certainement pu être évités. Le 26 mars, des soignants, membres du syndicat CGT de l’hôpital de Wattrelos, alertaient par un communiqué de presse sur le manque de matériel. Ils insistaient sur une situation qui devenait incontrôlable. Ils dénonçaient en particulier l’absence des masques de protection, comme les masques chirurgicaux, un minimum pour empêcher la contamination.

­À ce moment-là, le gouvernement justifiait en long et en large la pénurie de masques, expliquant que ce n’était pas fondamental. Ce discours était aussi porté à ce moment-là par les directions des Agences Régionales de Santé. Mais ce ne sont ni ces ministres, ni ces directeurs qui ont dû annoncer aux familles les terribles nouvelles.

­Comme disent des soignants : ni oubli, ni pardon.

Hôpitaux : la crise du virus... et après

Brève
12/04/2020

Dans les hôpitaux, beaucoup de rendez-vous médicaux ont été repoussés et des opérations déprogrammées pour libérer du personnel et des lits. C'était vital pour beaucoup de malades. Mais c'est au prix de très grosses déprogrammations d'interventions, d'hospitalisations et de consultations.

Les autres pathologies n'ont pas disparu et elles vont revenir, parfois aggravées. Cela commence déjà dans certains services avec par exemple les brûlures, les appendicites ou des fractures. Chez le personnel hospitalier déjà sous tension en ce moment, l’inquiétude monte pour la situation après l’épidémie. Il va falloir gérer l’accumulation des prises en charges reportées tout en assurant la continuité de tous les soins habituels.

Les hôpitaux n’ont pas les moyens de soigner les victimes d’une épidémie sans devoir sacrifier les autres malades. S’il a fallu repousser des rendez-vous médicaux et récupérer les lits dans différents services, c’est parce que depuis des années, les hôpitaux ont de moins en en moins de moyens. En 12 ans, 60 000 lits ont été supprimés. L’hôpital est à l’os.

Le personnel l’a crié pendant des mois dans la rue en manifestant avant la crise du virus : il faut des embauches et des moyens pour l’hôpital ! Après la guerre contre le Covid, les premières lignes devront se faire entendre pour exiger des renforts. Ils devront aussi s’adresser aux autres travailleurs pour peser dans le rapport de force.

Les soignants manquent de masques ? Ils sont dans les stocks des grandes entreprises !

Brève
10/04/2020

Le groupe PSA affirme aujourd’hui qu’il possède des réserves de masques lui permettant de remettre en route ses usines. En cas de reprise il s’engage à fournir entre 2 et 4 masques par salariés par jour travaillé (dont 2 en cas de covoiturage). Rien que pour le Nord –Pas de calais cela équivaudrait à plusieurs centaines de milliers de masques pour un mois. Il faut ajouter tous les masques que les entreprises sous-traitantes de PSA accumulent en vue de la reprise de la production. C'est la même chose pour les usines Renault et Toyota.

Les centaines de milliers de masques pour faire reprendre la production automobile, pendant que faute de mieux, des masques de tissus sont fabriqués bénévolement pour des hôpitaux et que de nombreux salariés qui continuent leur travail indispensable au contact du public ou de personnes fragiles ne disposent de rien du tout ou de quelques exemplaires seulement.

Le gouvernement est tout à fait au courant car le nombre d’industries annonçant leur volonté de redémarrer au plus vite leur production en ayant gardé de tels stocks de masques ne cesse d’augmenter.

Tout se passe comme si les stocks de masques que le gouvernement n’a pas à disposition se trouvent dans les stocks des grandes sociétés. Un véritable gâchis, révoltant et intolérable !

Amazon

Ils s’en lavent les mains

Brève
05/04/2020

À l’hôpital Armand Trousseau, à Paris, les équipes ont reçu un « cadeau » de la part de l’entreprise Amazon. Un colis avec à l’intérieur… 3 savons de Marseille liquides alors que l’hôpital compte plus de mille personnes.

Cette entreprise continue à faire travailler les salariés sans protections, les uns sur les autres, pour continuer à faire du profit. Cette semaine, l’inspection du travail a mis en demeure l’entreprise sur trois sites en France, parce qu’elle ne respecte pas les distances de sécurité pour les salariés et ne désinfecte pas le matériel. Aux États-Unis, c’est un salarié qui avait fait grève et dénoncé les risques sanitaires dans les entreprises qui a été licencié.

Et elle cherche à se faire de la publicité en envoyant 3 pauvres savons aux hôpitaux ?

Des élèves infirmiers réquisitionnés payés au lance-pierre

Brève
01/04/2020

De nombreux étudiants infirmiers réquisitionnés dans les hôpitaux pour lutter contre l’épidémie sont considérés comme stagiaires. Ils sont donc payés au même tarif que lorsqu’ils sont en stage pendant leurs études… soit entre environ 30 et 50 € par semaine de 35 heures ! Pour les étudiants de première année, cela revient parfois à moins d’1€/heure.

En Île-de-France, dans la région Grand-Est et dans les Hauts-de-France, des revalorisations allant de 1000 à 1400 euros mensuels ont été annoncées ces derniers jours. On voit bien la manœuvre : alors que les dirigeants politiques sont partout critiqués pour leur gestion désastreuse de la crise sanitaire, cela permet à certains comme Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, de tenter de se donner une bonne image à peu de frais.

De toute façon, c’est bien la moindre des choses, surtout quand on compare avec les milliards qui ont été versés en cadeau aux patrons et aux plus riches… bien à l’abri dans leurs villas et leurs îles privées !

Et pour tous les autres qui sont réquisitionnés pour faire face à l’épidémie, parfois directement dans les services qui prennent en charge les patients atteints du covid-19, rien n’a été annoncé.

Cette indemnisation au lance-pierre est déjà révoltante en temps normal, car les élèves infirmiers et aides-soignants participent à faire fonctionner les hôpitaux.

Mais avec la crise sanitaire, c’est bien significatif du mépris du gouvernement pour ceux qui sont envoyés en première ligne dans la guerre contre le virus !