La Voix du Nord : « Ceux qui sont tentés par le vote FN se trompent »

Cinq des candidats de Lutte Ouvrière pour la liste nordiste d’Éric Pecqueur sont Tourquennois. Rencontre avec Christophe Charlon et Bruno Vargiu, respectivement en 7e et 13e position.
Je ne me souviens pas d'avoir vu un jour la famille Le Pen défendre les travailleurs.
1-Engagés
Les deux candidats n’en sont pas à leur première campagne. Christophe Charlon a déjà été candidat plusieurs fois aux élections législatives. Mais surtout, il s’est déjà présenté deux fois aux régionales. Agent hospitalier, ce syndicaliste de 51ans est donc un habitué des campagnes de Lutte Ouvrière, dont il a rejoint les rangs dans les années 90. « J’avais pris conscience assez vite que le monde du travail ne pouvait compter que sur lui-même », dit-il. À ses côtés, Bruno Vagiu a un peu plus d’ancienneté. Il est rentré chez Lutte Ouvrière en 1986. Lui aussi syndicaliste, ce Tourquennois de 54 ans a été plusieurs fois candidat aux élections cantonales (aujourd’hui départementales). Il travaille dans le privé.
2-Face au FN
Lors du scrutin régional de 2010, la liste déjà conduite par Éric Pecqueur avait obtenu 1,30 % des voix. Cette fois, la donne est différente. Le FN est annoncé en tête dans tous les sondages. « Je dis aux gens tentés par le vote FN qu’ils se trompent, explique Christophe Charlon. C’est une illusion de plus. Leur situation va s’aggraver. Je ne me souviens pas d’avoir vu un jour la famille Le Pen défendre les travailleurs. » Pour les deux candidats, le FN fait partie « du système ». L’essentiel, pour eux, c’est de faire entendre la « parole des travailleurs. Alors, on explique aux gens : Vous pouvez faire un vote ouvrier ! ».
3-Des soutiens
Les candidats de Lutte Ouvrière revendiquent le soutien du NPA. Localement, le collectif tourquennois Front de résistance populaire de gauche de William Roger appelle à « voter pour l’une des listes de l’opposition de gauche » et à sanctionner le PS. « On se connaît via la CGT. Je trouve ça bien qu’ils appellent à ne pas voter PS, note Christophe Charlon. Le problème qui touche la population, c’est le chômage. » Et lorsqu’on lui pose la question du second tour, le candidat jure qu’il n’y « pense pas ». Mais il ne veut pas croire à un électrochoc de la gauche en cas de duel ou de triangulaire. « Le 21 avril, la crise, la finance… ils n’ont rien fait. Moi je dis à ceux qui ne sont pas dupes : Allez voter ! »