La Voix du Nord : Les candidats de Lutte ouvrière appellent les ouvriers à se révolter : « Ça doit exploser »
Valérie Legrand se présente aux législatives dans la sixième circonscription du Pas-de-Calais pour Lutte ouvrière. Sans avoir l’objectif d’être élue. Cette élection, pour elle, c’est l’occasion de passer le message du parti. Par V. D.

Qui ils sont. Valérie Legrand, 42 ans, habite Moulle. Elle est enseignante en français au collège Jacques-Prévert, à Watten. André Korb, son suppléant, a 67 ans. Il réside à Villeneuve-d’Ascq. Il est retraité de l’enseignement. Le duo se présente dans la sixième circonscription.
Un engagement de longue date. Valérie Legrand a adhéré à Lutte ouvrière à l’âge de 17 ans. « J’ai alors pris conscience que la société était injuste, avec ces guerres partout dans le monde, les famines en Afrique. Et j’ai été sensible aux idées communistes, en ce sens que je suis persuadé que c’est la recherche incessante de profit qui aboutit à ces déséquilibres. »
Elle s’est présentée aux législatives en 2012, à l’époque comme suppléante (de Vincent Magniez). André Korb, lui, est engagé depuis quarante ans.
Pas d’ambition d’être élus. On croise rarement des candidats qui ne souhaitent pas être élus. C’est le cas de ceux de LO, qui savent leurs chances inexistantes. « Pour nous, ces scrutins, c’est l’occasion de passer un message à tous les exploités, les ouvriers, les employés, les petits commerçants, petits artisans, petits paysans, explique Valérie Legrand. Ceux qui n’exploitent personne et qui vivent de leur travail. » Pour la candidate, les élus ne servent à rien. « Ils regardent les usines fermer et ne peuvent rien faire. Seule la rue peut changer les choses. Un jour, tous les exploités se révolteront, ça va exploser, ça doit exploser. Ce jour-là, on sera avec eux. »
Des revendications. Elles sont claires : un salaire net minimum de 1 800 €, l’interdiction de licencier, la meilleure répartition du travail, l’abandon de toute intervention militaire. Est-ce qu’interdire de licencier ne freinerait pas l’embauche ? « De toute façon, on a donné des millions aux entreprises dans le cadre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Résultat, aucune embauche. Les patrons gardent tout pour eux. »
« Consommer français, foutaise ». Les candidats LO n’approuvent pas cette idée de consommer uniquement des produits faits en France pour protéger les emplois. « En faisant ça, on va pénaliser les ouvriers espagnols, polonais… Pourquoi ? Désignons les vrais coupables. L’ennemi du travailleur, c’est le patron. C’est pour lui que les ouvriers, où qu’ils soient, suent toute la journée. Aujourd’hui, il y a une lutte des classes et c’est lui qui la gagne. Recréons un vrai parti ouvrier et inversons le rapport de force. »