La Voix du Nord : Dans la 3e et la 12e du Pas-de-Calais, Michel Darras et Régis Scheenaerts bien décidés à faire entendre la parole des travailleurs
Michel Darras (à gauche) et Régis Scheenaerts travaillent tous les deux à la Française de Mécanique.
LÉGISLATIVES
On doit le dire, Lutte Ouvrière n'a jamais cessé de militer sur le terrain pour dénoncer le sort réservé aux salariés des entreprises. Une présence qui a déjà porté ses fruits dans le passé notamment aux élections municipales de 2001 où LO avait fait près de 20 % à Liévin !
Aujourd'hui, la campagne des législatives s'effectue dans un contexte économique toujours très difficile. Michel Darras (3e) et Régis Scheenaerts (12e) comptent plus que jamais convaincre. Les deux hommes se connaissent bien. Ils travaillent tous les deux à la Française de Mécanique et sont aussi des militants syndicaux actifs. Une expérience qui autorise Michel Darras à aborder quelques sujets chauds : « Tous les travailleurs ressentent de près ou de loin les effets de la crise. C'est vrai chez nous à la FM, ça l'est aussi ailleurs. Il suffit de faire attention aux plans sociaux qui se préparent (Peugeot, Air France...) et qui étaient soigneusement cachés jusqu'ici ! » Régis Scheenaerts partage le constat de son compère de la 3e circonscription et se montre très pessimiste quant à la capacité des socialistes à trouver des solutions : « Les travailleurs sont contents de ce qui est arrivé à Sarko. mais depuis, les banques sont toujours là, les grands groupes aussi. L'inquiétude est palpable et nous voulons dire aux travailleurs que Lutte Ouvrière s'engagera avec eux dans l'opposition politique nécessaire. » Les deux candidats sont conscients que sur ce terrain là, le Front national marque davantage le territoire. Ce qui horripile Régis Scheenaerts, conscient des dangers encourus : « Voter FN, c'est se tirer une balle dans le pied », et Michel Darras de rebondir sur le sujet : « À mon sens, c'est un certain manque de conscience politique qui fait pencher vers le Front national. Les gens ont perdu confiance dans les partis traditionnels qui n'ont pas su répondre à leurs demandes. Ils sont en colère, c'est tout mais ce n'est pas suffisant. » Lutte Ouvrière est-elle capable de convaincre les frontistes d'un jour ? « Dans l'action syndicale au sein des entreprises c'est possible mais c'est un long cheminement. Il ne faut pas renoncer à lutter. C'est ce renoncement justement qui profite au FN. »
L'exemple grec
Dans l'actualité grecque, pourtant difficile, Lutte Ouvrière trouve cependant des raisons d'espérer dans la mesure où le parti d'extrême-gauche est devenu la troisième force politique du pays lors du dernier scrutin. Aujourd'hui, on lui prédit quelques succès politiques d'importance. « Ce qui se produit en Grèce pourrait un jour se produire en France. Il faut y croire », confient avec envie les deux candidats mais avant d'en arriver là, Michel Darras et Régis Scheenaerts vont arpenter la circonscription pour évoquer deux thèmes prioritaires de leur campagne : l'interdiction des licenciements et l'augmentation du pouvoir d'achat.
YVES PORTELLI
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