La Voix du Nord :  Deux Haisnois chez Lutte ouvrière, le parti qui prédit l'« explosion sociale »

Article de presse
21/02/2010

Grégory Laloux, employé à la mairie d'Haisnes, et Nathalie Hubert, tête de liste LO dans le Pas-de-Calais.

Très présent dans le Lensois, Lutte ouvrière (LO) compte aussi des candidats dans le Béthunois. Deux sont d'Haisnes : Grégory Laloux et Anne-Marie Deflandre.

Comme leurs colistiers, ils ne siégeront pas à Lille. Oublié 1998 et l'entrée de 7 élus LO à la Région, le changement de mode de scrutin en 2004 les a rendus inéligibles. « Ça n'a pas éliminé le FN, mais ça nous a éliminés », fustige Nathalie Hubert, tête de liste LO dans le Pas-de-Calais. Car le maintien au second tour se joue désormais à 10 %. Impossible. Même en dépassant 5 %, le parti ouvrier refusera les fusions. « On est les seuls à dire que le problème n'est pas d'avoir un conseil régional de gauche, mais de préparer les luttes futures. » Le NPA de Besancenot ? « Il a d'abord regardé vers le Front de gauche », composé du PC qui « a été au gouvernement » et du Parti de gauche de Mélenchon qui « a été ministre ».

LO restera donc à la porte de la Région. Pas un drame pour Nathalie Hubert puisque « les élections ne permettront pas de contraindre les gros actionnaires et les banquiers à payer pour la crise, mais les manifestations et les grèves si ». La campagne des régionales sera donc surtout l'occasion de défendre trois revendications : « l'interdiction des licenciements », « le contrôle des comptes des entreprises » et « le partage du travail entre tous, sans diminution de salaires ». « Des revendications qui démontrent l'urgence », insiste Grégory Laloux.

Cet employé communal de 32 ans, fils d'un militant communiste, passé chez LO en assistant à un meeting d'Arlette Laguiller, représente le secteur en 12e position. L'urgence, il la constate tous les jours dans les services publics. « On voit qu'on est de moins en moins nombreux, dans les collectivités locales, dans l'enseignement, dans les hôpitaux... » Ces services publics, LO les estime délaissés. Nathalie Hubert : « Un hôpital comme celui de Beuvry manque de médecins, d'infirmières, d'aides-soignantes, de personnel à l'accueil... L'État fait des économies sur notre dos. » Mais pas sur celui des constructeurs automobiles : « Le plan pour l'automobile est absolument scandaleux. » La Région socialiste n'est pas épargnée, elle qui « donne des subventions aux entreprises ».

« Les gens sont usés »

Un fleuron régional est d'ailleurs implanté sur la zone industrielle de Douvrin. La Française de Mécanique que Grégory Laloux connaît bien pour y voir bosser tous ses voisins. La moitié d'Haisnes y travaille. « Les gens sont usés, souffrent de troubles musculo-squelletiques. On y produit deux fois plus et on emploie deux fois moins. » Pas un hasard si l'entreprise compte 4 salariés candidats sur la liste LO.

Et Grégory Laloux de juger « la crise loin d'être finie. Ce sera eux ou nous. » « L'explosion sociale, vous savez, elle aura lieu », prédit-on à LO.

CH.-O. B.

Les candidats du Béthunois : Grégory Laloux (12e) Jean-Paul Wallard (18e) Anne-Marie Deflandre (31e).

© La Voix du Nord