La Voix du Nord :  Européennes : ouvrier chez Toyota, Éric Pecqueur est tête de liste pour Lutte Ouvrière

Article de presse
17/05/2014

PAR FRANÇOIS GÉRIN

« Faire entendre le camp des travailleurs ». Choisi par les militants de Lutte Ouvrière comme intitulé de leur liste, ce message a le mérite d'être clair. Et efficace. Le chef de file dans la région Nord-Ouest, Éric Pecqueur, s'explique sur les raisons de son engagement dans ces élections pour lesquelles aucun des « petits » partis n'a toutefois la moindre chance de réussir à décrocher un siège.

Une nouvelle fois, Éric Pecqueur repart en campagne ; pour les élections européennes... avant de poursuivre sur sa lancée avec la législative partielle dans la 21e circonscription du Nord. « Quand on est militant, finalement on est toujours en campagne », résume ainsi l'ouvrier dans l'automobile, qui habite le Douaisis mais qui travaille chez Toyota, à Onnaing.

Déjà tête de liste de Lutte Ouvrière en 2009 dans la région (il avait fini avec 2,08 %), il retourne au combat « parce que cela fait deux ans que la gauche est aux affaires et que cela fait deux ans que c'est de pire en pire pour les travailleurs, les retraités, les petites gens...  ». Pour le militant de Lutte Ouvrière, la raison essentielle de cette dégradation est simple : « Pour les travailleurs, la gauche est encore pire que la droite quand elle obéit au patronat et accède à toutes ses demandes.  » Mais si les autres partis engagés dans ce scrutin européen mettent en avant les frontières de l'Union ou le protectionnisme pour régler les problèmes, Lutte Ouvrière se place sur un autre plan, plus terre à terre. Pour assurer la sauvegarde des intérêts des travailleurs, Éric Pecqueur réclame « l'interdiction des licenciements et la hausse immédiate des salaires qui doivent aussi être indexés automatiquement sur la hausse des prix  ». Mais la vraie ! Pas celle des indices officiels, mais celle « contrôlée par les travailleurs eux-mêmes »

« S'abstenir, c'est se taire »

Face à tous les grands partis, et en raison du « rejet des couches populaires envers le PS  », Éric Pecqueur estime qu'il faut désormais « une opposition ouvrière, présente partout  ». Ce scrutin, comme celui des municipales, est ainsi « l'occasion de dire tout le mal qu'on pense de la politique de gauche et de celle de droite qui continuera sur la même lancée quand elle reviendra aux affaires.  »

Derrière celle menée à Bruxelles, la politique intérieure française est donc aussi dans la ligne de mire. « Après le dégoût, le rejet et l'écœurement manifestés par les plus faibles lors des municipales, ce scrutin doit être l'occasion d'un pas de plus vers la mobilisation ouvrière, estime Eric Pecqueur. Certes, la tête de liste de LO voit bien que l'unité complète des travailleurs qui pourrait amener une lame de fond n'est pas encore pour demain. « Pour l'heure, les luttes sont encore isolées, mais les mouvements de colère de tous les travailleurs désorientés finiront bien par s'unifier. Et là... » Et que dire à ceux qui ne croient plus que leur voix (électorale) puisse compter ? « S'abstenir, c'est se taire », assène le militant de Lutte Ouvrière, qui veut donc qu'ouvriers et retraités aillent voter dimanche prochain « pour faire entendre le camp des travailleurs ».

Durant la campagne, Éric Pecqueur ne fera pas de meeting dans le Valenciennois. Il sera mercredi prochain à Lille, à 19 heures, à la salle du Gymnase, en compagnie de Nathalie Arthaud, « patronne » de Lutte Ouvrière. La veille, mardi donc, une réunion publique sera organisée à Maubeuge, autour d'Anne Zanditénas, en deuxième position sur la liste.

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