La Voix du Nord :  Fourmies se souvient des martyrs du 1er Mai 1891, il y a cent vingt ans

Article de presse
21/09/2011

Alain Berteaux le maire et Nathalie Arthaud, porte-parole de L.0. en tête du cortège. À droite, dépôt de gerbe par le PCF au monument des victimes de mai 1891

Le 1er Mai à Fourmies a valeur de symbole, celui du combat de la classe ouvrière. La fusillade qui fit neuf morts et trente-cinq blessés, le 1er mai 1891, avait, hier, 120 ans. Une bonne raison pour se souvenir ce 1er Mai fourmisien, celui où l'armée tira sur les grévistes, réclamant à un patronat sourd à ses revendications une vie moins dure.

9 h 30, dimanche, deux gerbes de fleurs, l'une de la ville de Fourmies, l'autre du Parti de Gauche, ont été déposées devant la stèle des victimes tuées sur la place du 1er Mai. Les syndicalistes de la CGT et de la CFDT tiennent une seule grande bannière blanche où on lit « emplois, sécu, salaires ». 120 ans après la fusillade, les revendications sont toujours là. Le visage bronzé, vêtue d'une veste mauve et d'un jean, Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, est chaleureusement accueillie par le maire de gauche Alain Berteaux. Le temps de déposer des gerbes à la stèle et les participants entament une marche, direction le cimetière du centre. Il fait le même temps radieux qu'il y a 120 ans, paraît-il. Un homme interpelle le cortège. « Sans Fourmies, il n'y aurait pas de 1er Mai ! ». Il ne se joint pas au défilé. Au cimetière. Alain Berteaux et Nathalie Arthaud déposent une gerbe devant le monument des victimes. Les organisations syndicales et partis politiques représentés font de même. La parole est au maire. « Ce jour-là, ils avaient décidé de prendre leur vie en mains ». Alain Berteaux parle de ces ouvriers qui « trimaient 12 heures par jour » et allèrent le matin faire la tournée des usines pour convaincre leurs collègues de manifester et être ainsi nombreux à porter leurs revendications. Ils allaient être jetés en prison dans le sous-sol de l'ancienne mairie. C'est là, devant ce bâtiment, que le soir, les grévistes exigent la libération des leurs. L'armée appelée en renfort tire sur les manifestants, les soldats usent du fusil Lebel dont ils viennent d'être dotés.

« Dans le sillon qu'il ont tracé, ont germé des graines qui ont éclos et porté de belles moissons », dit le maire à propos des martyrs.

Pourtant, les inégalités subsistent entre ceux qui ne « connaissent pas le montant de leur fortune alors que la majorité des citoyens empile les factures et qu'ils ne savent pas pour certains ce qu'ils mangeront le lendemain ». C'est bien pour cela que Nathalie Arthaud est là, à Fourmies. « Les classes sociales, l'exploitation capitaliste existent toujours » assène celle qui se bat pour une société juste et pour qui ce 1e r Mai a valeur de symbole. Comme ce poing levé lors de l'interprétation de l'Internationale par les musiciens fourmisiens.

Suivie du Temps des Cerises. Là encore une référence à la Commune et à la classe ouvrière.

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