Nord-Littoral : Françoise Millot conduit une liste Lutte Ouvrière aux élections municipales
Comme en 2001 et 2008, Françoise Millot conduit une liste Lutte Ouvrière aux élections municipales à Calais. Avec ses 48 colistiers, la militante veut faire entendre dans cette campagne « une voix d'opposition ouvrière ».
La liste s'intitule : « Lutte Ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs »
Françoise Millot réunit 48 autres candidats sous la bannière de L.O.
Cantonales, régionales, européennes, Lutte Ouvrière se présente aux électeurs à chaque opportunité électorale. Comme en 2001 puis 2008, Françoise Millot conduit un listes aux municipales à Calais : « La vie politique n'est pas la vie électorale » nuance la militante, « à Lutte Ouvrière, nous ne sommes pas dans une logique de conquête. Nous profitons des campagnes électorales pour nous exprimer et faire entendre la voix des travailleurs. Notre conception de la vie politique, c'est la lutte contre le patronat ; et contre le gouvernement Hollande qui mène une politique anti-ouvrière. Toutes les mesures qu'Hollande a prises jusqu'ici n'ont été que des cadeaux aux patrons. On nous sort toujours ce prétexte que c'est pour "relancer l'emploi". Mais depuis le temps qu'on aide le patronat, on n'a pas vu d'effets positifs pour l'emploi. » Pour François Millot l'autre axe de lutte est « le ras-le-bol des impôts. Il faut qu'on cesse de faire les poches des couches populaires, y compris au niveau local. On nous répète sans cesse qu'il n'y a plus d'argent. Mais qui a créé cette situation dans laquelle nous sommes ? C'est bien les banquiers et les spéculateurs. C'est dans leurs caisses à eux qu'il faut prendre l'argent. »
La vision de Lutte Ouvrière est manichéenne, mais ses militants persistent et signent contre le patronat. Françoise Millot prend un exemple local : « Les dentelliers calaisiens ont commencé s'installer en Asie du sud-est alors qu'au même moment le gouvernement en place à l'époque baissait les impôts sur les bénéfices. Le sort des travailleurs, ils s'en moquent... » Pour la militante, la relance de l'emploi passe nécessairement pour un nouveau partage du travail, sans baisse de salaire : « Les gens qui travaillent croulent sous le travail, il suffit de les écouter. Du travail, il y en a pour tout le monde. »
Candidate à une élection locale, la plus locale qui soit, Françoise Millot reconnaît ne pas faire de proposition concrète pour la ville : « parce que le vrai problème de Calais et des Calaisiens, c'est le chômage et l'emploi. Le reste, c'est secondaire. » Lutte Ouvrière revendique un positionnement anti-gouvernement : « On ne peut laisser à la droite et à l'extrême-droite le monopole de la contestation de la politique du gouvernement de gauche. »
Ceci explique en partie pourquoi Lutte Ouvrière ne se joindra pas au Front de Gauche : « Je n'ai pas entendu les dirigeants du Front de Gauche critiquer Hollande. Et pourtant, Hollande, c'est Sarkozy bis. On l'a bien vu avec la réforme des retraites : il ne l'a pas abrogée, il l'a amplifiée. »
Le parti de Nathalie Arthaud et Arlette Laguiller est souvent moqué pour son côté jusqu'auboutiste : « Mais ce n'est pas nous qui déclencherons la lutte » observe Françoise Millot, « la lutte naîtra de la mesure de trop prise par le gouvernement où le patronat. Mais une lutte doit avoir un programme pour savoir où on va, et nous sommes là pour l'écrire. Nous nous mobilisons pour l'avenir. »
G.F.
Lutte Ouvrière : les moyens du bord
Françoise Millot, qui vient de se déclarer candidate aux élections municipales à Calais, est une habituée des campagnes. Elle est aussi habituée à dépenser le moins d'argent possible : la plupart des tracts qu'elle-même et ses colistiers distribuent sur les marchés et aux portes des entreprises sont sortis de simples imprimantes.
Le parti Lutte Ouvrière fournit des affiches sur les grands axes de la campagne, en l'occurrence très orientés sur des thèmes nationaux, puis des affiches personnalisées correspondant à la liste "Lutte Ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs".
« On est habitués à faire avec les moyens du bord », confirme Françoise Millot qui refuse de voir la limite des 5 % comme un objectif : « Je trouve ça choquant que les deniers publics servent à financer les campagnes électorales.
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