La Voix du Nord :  Jacky Boucot et Lutte ouvrière, candidat à Denain pour diffuser un message national

Article de presse
04/03/2014

Par PIERRE ROUANET

De mémoire, c'est la première liste étiquetée Lutte ouvrière qui se présente à des élections municipales, à Denain. Mais Jacky Boucot et ses colistiers ne se battent pas vraiment pour la mairie. Plutôt pour faire passer un message politique, résumé dans le nom de leur liste : « Faire entendre le camp des travailleurs. »

Jacky Boucot et ses colistiers, en réunion, au café Chez Patrick et Patricia.

Lutte ouvrière (LO) dit engager deux cents listes aux élections municipales, en France. La région en compterait une quinzaine. Denain a hérité d'une de ces équipes qui, comme les autres listes LO, portera un message plus politique que local. Pas une nouveauté, pour autant, dans les visages de ceux qui la composent. En tout cas, pas de sa tête : Jacky Boucot, candidat aux deux dernières élections législatives dans la 19e circonscription et aux cantonales de Bouchain, n'est pas un p'tit nouveau, dans le Denaisis. Son engagement et celui de ses camarades « contre les profits des actionnaires et des grands patrons » et « pour la défense des travailleurs » non plus. D'autant plus ces derniers temps : « La crise financière est passée, mais les entreprises continuent de licencier pour maintenir ou augmenter leurs profits : en France, 1 000 emplois sont supprimés chaque jour. Par exemple, le groupe PSA, propriétaire de Sevelnord, a supprimé plus de 11 000 emplois en 2013. Mais cela n'empêche pas les patrons, c'est-à-dire la famille Peugeot, d'être riche à milliards. »

Les autres ? « Ils ne peuvent rien faire »

Ne cherchez pas ici d'annonces d'aménagements de quartier, de gestions de finances locales, de projets municipaux. Avec ces élections locales, c'est bien un message national que le candidat de LO souhaite passer : « La misère et la précarité sont en augmentation constante, la catastrophe sociale nous menace, mais les candidats qui mènent les autres listes aux élections municipales voudraient nous faire croire qu'en gérant bien la commune ils vont nous sortir d'affaire... » Tout le monde en prend pour son grade. Anne-Lise Dufour ? « La députée-maire PS, qui a soutenu toutes les attaques contre les classes populaires du gouvernement socialiste [...] sera à la tête d'une liste où l'on retrouve l'ancien candidat de l'UMP... Ils prétendent faire cela pour Denain ? Comme si la gestion locale pouvait résoudre les problèmes posés par l'aggravation du chômage et la généralisation de la misère. » Sabine Hebbar et Djemi Drici ? « Deux autres listes se veulent sans-étiquette, ou encore apolitiques... C'est une façon de ne pas parler des vrais problèmes de la classe ouvrière. »

Pas pour gérer la ville, mais passer un message

Clairement, Jacky Boucot ne cherche pas la gestion de la ville. Mais à se battre pour « la principale préoccupation » qu'il entend sur les marchés ou en porte-à-porte : l'emploi. D'autant que, selon le candidat LO, le changement ne passera pas par les urnes, « mais par les luttes, par des explosions sociales, comme en 1936 ou en mai 68 ». Pourquoi ? « Aujourd'hui, les élus n'ont pas le pouvoir de changer les choses au niveau local, ils ne sont que les pantins de décisions prises bien plus haut. » Du coup, voter Boucot ? « C'est envoyer un message au gouvernement, c'est lutter pour le camp de la classe ouvrière ; [...] c'est rassembler les travailleurs et les chômeurs pour qu'ils défendent leurs intérêts, alors que le Parti communiste se déchire sur deux listes concurrentes. »

Jacky Boucot et LO voient dans ces élections (et celles européennes à venir), « des élections politiques ». Ces municipales seront, pour LO, l'occasion « d'affirmer sa colère contre Hollande » et de « ne pas laisser le monopole de l'opposition à l'extrême droite ». Et, surtout, « d'avancer des revendications pour les luttes à venir, pour un plan de défense des intérêts des travailleurs ». Les voici : « l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire » ; « imposer une augmentation générale des salaires, des retraites et des allocations et leur augmentation automatique en fonction des hausses de prix » ; enfin, « le contrôle de la population sur le fonctionnement des grandes entreprises ». Pour porter ces idées, une liste « composée de travailleurs, de chômeurs et de retraités, bien représentative de ce que subit la classe ouvrière aujourd'hui ». Et un message : « Voter pour notre liste, c'est affirmer que ceux qui font tourner toute la société par leur travail en ont assez de se faire dépouiller. »

© Voix du Nord