Le Phare Dunkerqois :  « La lutte des Total plus efficace »

Article de presse
06/03/2010

De gauche à droite, David Dupuich, Dominique Wailly, Ernest Lotton, André Gilet, Monique Guennou, Jacques Volant, Eric Pecqueur, Jean-Luc Waringhem et David Haillant. Au total, huit Dunkerquois figurent sur la liste de Lutte Ouvrière dans le Nord.

Drôle de conception de ces élections régionales que celle de Lutte ouvrière. Pas inutiles... mais presque. « Le conseil régional, c'est de la gestion au quotidien.

Vous pouvez construire de beaux lycées, investir dans des nouveaux trains, mais si l'Etat supprime des postes d'enseignants et si la SNCF supprime des lignes... » Une manière de dire, dans la bouche de Dominique Wailly, ancien conseiller régional et numéro 2 dans le Pas-de-Calais, que les conseils régionaux ne sont pas des centres névralgiques de décision. Les vrais pouvoirs sont toujours concentrés, pour L.O., dans les mains du patronat et du gouvernement. « Les partis qui gèrent les régions parlent des compétences régionales, mais ce n'est pas de ça dont les gens discutent, ce n'est pas ce qui va changer leur vie quotidienne. La première priorité, c'est l'emploi, et la Région n'empêchera pas un seul licenciement. Je pense même que la lutte des Total, c'est plus efficace qu'un hypothétique changement électoral », poursuit l'employé d'Aluminium Dunkerque.

Ce qui explique les propos d'Eric Pecqueur, tête de liste, présent à Dunkerque jeudi dernier. « On veut dénoncer les vrais responsables de la crise, des licenciements et du chômage. Il n'y a qu'à voir les bénéfices de Total, des banques et des assurances, pendant que le chômage augmente. On nous annonce un million de chômeurs en fin de droit ! Et la situation s'aggrave aussi pour les services publics, avec des suppressions de postes dans l'Education nationale, l'hôpital, la Poste ». En définitive, Lutte Ouvrière veut profiter de cette tribune que constituent les élections régionales pour un message simple : « on veut permettre aux classes populaires de crier leur colère ».

La quête du grand soir rôde toujours dans les esprits. Dominique Wailly y croit : « demain, il pourrait y avoir une explosion sociale ; les travailleurs n'accepteront pas de se faire pousser dans la misère ». Mais pour cela, peut-être faudrait-il une plus grande solidarité que celle entrevue dans les raffineries, où les sites de Total ont vite laissé tomber Dunkerque dès lors qu'ils ont reçu des assurances sur leur propre sort ? Sur ce point, l'ancien conseiller régional (de 1998 à 2004) préfère voir le verre à moitié plein. « C'est déjà bien que cinq raffineries se soient associées au mouvement, aient croisé le fer. C'est peut-être l'hirondelle qui annonce le printemps des luttes ».

Le discours est martelé depuis longtemps. Mais en ce mois de mars, les électeurs sensibles à ce type d'arguments se retrouvent encore avec trois bulletins possibles à glisser dans l'urne. Pourquoi celui de Lutte ouvrière plutôt que celui du NPA (nouveau parti anticapitaliste) ou du front de gauche ? « On est les seuls à s'adresser au monde du travail », prétendent les responsables L.O. Le monde du travail répondra-t-il ?

Ch.B.

© Le Phare Dunkerquois

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