L'Avenir de l'Artois :  Lutte Ouvrière ne cautionne pas la politique du PS et part seule

Article de presse
27/02/2014

Régis Scheenaerts, tête de liste LO à Liévin.

Comme les travailleurs qu'il ne cesse de défendre depuis des années, Régis Scheenaerts s'est levé tôt lundi 17 février pour déposer sa liste en sous-préfecture. Le militant de Lutte Ouvrière qui se présente aux élections municipales de Liévin fait partie des premiers candidats à s'être acquitté de cette tâche dès l'ouverture des guichets. « En cas de problème, on a ainsi le temps de se retourner », confie-t-il.

Si le candidat d'extrême-gauche prend autant de précautions, c'est qu'en 2008, il n'avait pas eu à mener sa propre liste, LO ayant décidé à l'époque de faire cause commune avec les autres forces de gauche. « Le contexte était différent. Sarkozy donnait des coups aux travailleurs. Il était important de s'unir pour dénoncer sa politique. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, la gauche fait la même chose. Il n'était pas question pour nous de cautionner une alliance avec un parti qui offre 50 milliards d'euros au patronat, sans aucune contrepartie. »

Présente au conseil municipal depuis plus de dix ans, avec trois élus en 2001, et deux autres en 2008, Lutte Ouvrière prend cette fois le risque, en partant seule, de ne plus être représentée à l'Hôtel de ville. Régis Scheenaerts, n'en a cure : « Aujourd'hui, on est ouvertement dans l'opposition. Je ne défends pas ma place, je défends mes idées. Mon objectif n'est pas de faire 5, 10 ou 15 % des suffrages mais de faire entendre le camp des travailleurs. »

Pour relever ce défi, le salarié de la Française de Mécanique s'est entouré d'une équipe « à l'image de la population liévinoise », constituée aux trois-quarts d'ouvriers, de retraités et de demandeurs d'emplois. « Je suis fier de présenter une liste comme celle-là », assure-t-il tout en dénonçant le positionnement de Laurent Duporge à gauche de la gauche : « Il fait croire qu'il se démarque du PS mais ce n'est que le temps d'une élection, pour ratisser plus large. Quand le gouvernement enfonce la tête des travailleurs sous l'eau, on ne l'entend pas. » Et le candidat LO de constater que les cadeaux faits par la gauche « à la bourgeoisie » ont des répercussions au niveau local « avec la dégradation des services publics et des hôpitaux étouffés financièrement. »

T. S. M.

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