La Voix du Nord :  Municipales 2014 : Lutte Ouvrière portera sa propre liste à Lens et à Liévin

Article de presse
13/11/2013

Dans le cadre d'une tournée nationale, Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, était en visite à Lens mercredi en fin de journée pour échanger avec une centaine de militants à la salle Jean-Nohain.

Nathalie Arthaud, porte-parole nationale, entourée de Régis Scheenaerts (à gauche) et Michel Darras (à droite), têtes de liste à Liévin et Lens.

1. Le combat national de Lutte Ouvrière.

Le parti d'extrême-gauche porte la voix des travailleurs et les ambitions de Nathalie Arthaud pour ces derniers sont sans ambiguité : interdire les licenciements, maintenir les salaires et les indexer sur l'inflation, imposer la répartition du travail entre tous les salariés d'une entreprise... « Les salariés comme le font les artisans et petits commerçants sont mille fois légitimes à se battre sur leurs propres objectifs, les salaires, les retraites, l'imposition... contre ce gouvernement serviteur de la bourgeoisie et un patronat qui pleure la bouche pleine. »

2. Durisotti, FM... menaces sur l'emploi local.

« Les récents accords à la Française de Mécanique sont une attaque en bonne et due forme, analysait Nathalie Arthaud, nous n'avons aucune garantie pour l'emploi. Le patronat sauve ainsi ses profits, sa rentabilité. On tape encore sur le monde du travail déjà plongé dans les pires difficultés. »

Lutte Ouvrière estime que les salariés de la FM perdront 1 500 euros par an sur les trois ans à venir. « Je suis le dossier PSA , un groupe qui a fait des profits pendant des années, qui a les oreilles des banques et des actionnaires, où est passé cet argent ? Au contraire, on impose encore aux travailleurs des sacrifices sur les jours de RTT, sur la mobilité, sur les salaires. C'est la performance de l'exploitation ! » Quand au bassin minier qui serait peut-être plus touché qu'ailleurs, Nathalie Artaud préfère répondre que « partout les travailleurs sont traités de la même façon. Toutes les régions subissent le même sort. »

3. Le cas Pinault.

Évidemment, pour la porte-parole du parti, le combat mené depuis quelques jours par les salariés de La Redoute dans la métropole lilloise « est exemplaire. » On est là au cœur des revendications de Lutte Ouvrière. Alors évoquer le nom des Pinault (François ou François-Henri) que l'on attend à Lens autour d'un futur investissement culturel a le don d'hérisser le poil de Nathalie Arthaud : « Pinault n'a rien à faire des emplois et de la vie des travailleurs. Il met aujourd'hui en péril 700 emplois à Roubaix, ville parmi les plus pauvres de France, ce serait la magie artistique de le présenter comme un investisseur créateur de richesse. » Un agacement repris par le militant local Michel Darras : « Personne n'est dupe sur ses intentions à Lens. »

4. Les municipales de 2014.

Lutte Ouvrière entend profiter de la vitrine offerte par les prochaines élections municipales pour « dire sa colère contre le gouvernement en place ». Une échéance électorale dont l'enjeu est national et pas uniquement local. « Nous voulons apparaître comme une opposition ouvrière à ce gouvernement socialiste », martelait Nathalie Arthaud qui confirmait que son parti conduirait bien une liste à Lens comme à Liévin. Avec en tête Michel Darras pour la première et Régis Scheenaerts pour la seconde. À Liévin justement où en 2008, Lutte Ouvrière s'était ralliée à une liste d'union de gauche. Aujourd'hui l'ambition est claire, il faut partir seuls.

Par NICOLAS CHAUTY

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