La Voix du Nord : Municipales : pour Bruno Montmory, candidat Lutte ouvrière à Ferrière-la-Grande, « les enjeux sont nationaux »
Bruno Montmory (à gauche) se présente pour la deuxième fois à Ferrière-la-Grande.
Vendredi soir, il était aux côtés de Laurent Lehraupt, candidat LO à Maubeuge, et de Marie-Claude Rondeaux, en lice à Fourmies, pour une réunion publique pré-élections municipales, où il a été surtout question de politique nationale, de patronat, de lutte des classes.
Car pour Bruno Montmory, militant Lutte ouvrière depuis quinze ans, « il faut profiter de ces échéances électorales pour faire de la politique à plus grande échelle ». Candidat pour la deuxième fois à Ferrière-la-Grande et élu d'opposition au conseil municipal, l'homme ne veut pas « se cacher derrière un masque » et le reconnaît volontiers, « nos revendications sont nationales ». Lui l'assure, « les problèmes que l'on rencontre, c'est boucler les fins de mois, savoir si demain on aura du travail. C'est bien beau de promettre des fleurs et des bancs, mais les communes ont de moins en moins de budget, et ce n'est pas ça qui intéresse réellement les gens ».
Bruno Montmory, 50 ans, veut « faire entendre la voix des travailleurs, interdire les licenciements en inscrivant une loi dans le code du travail, faire passer la retraite à 37,5 annuités », entre autres. Un projet utopiste ? « Non, il faut secouer le patronat comme en 1936, lorsqu'il y a eu une explosion de colère de la classe ouvrière. »
« Priorité aux classes populaires »
Vendredi soir, dans la salle Jaurès de Maubeuge, Laurent Lehraupt a tapé du poing sur la table pour « réveiller les consciences. Les ouvriers doivent mener une guerre pour leur salaire, pour leurs emplois, personne ne le fera à leur place ! ». Applaudissements fournis. Sur la politique communale qui serait menée en cas de victoire d'une de leurs trois listes en Sambre-Avesnois, peu d'éléments. Pour eux, l'essentiel est ailleurs, « priorité aux classes populaires contre le patronat ».
Un homme prend la parole, salarié chez MCA. « L'Agglo a versé un million d'euros pour l'emploi, et tout ce qu'on nous a promis, on ne le voit pas ! » Laurent Lehraupt saisit la balle au bond. « C'est de l'argent public qui n'a pas à aller dans la poche des patrons, il faut contraindre les entreprises à utiliser leurs profits pour embaucher. » Dans la salle, le discours fait mouche.
Reste à savoir si localement, les électeurs y adhéreront. Aux dernières élections ferrièroises, Bruno Montmory avait remporté environ 11 % des suffrages.
M. DE.
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