La Voix du Nord : Nathalie Arthaud aux Sambre et Meuse : « J’ai pas mal entendu parler de vous »
CÉCILE DEBACHY et SAMI BELLOUMI (photos et vidéo)
Après Olivier Besancenot et les représentants du Parti de gauche il y a deux semaines, Nathalie Arthaud a rendu visite aux Sambre et Meuse, ce mardi après-midi. Une rencontre souhaitée depuis longtemps par la porte-parole de Lutte ouvrière pour redire aux métallos qu'ils ne sont pas seuls.
« Bonjour, j'ai pas mal entendu parler de vous. » « Pas assez je pense », sourit un ouvrier en serrant la main de la porte-parole de Lutte ouvrière. Le vouvoiement ne dure pas très longtemps entre Nathalie Arthaud et les métallos finésiens, dont certains, souvent rencontrés en manifestation. « Je connais votre lutte, je la suis depuis le départ », assure la représentante. Dans l'ancienne infirmerie et le local syndical transformés en intendance, les ouvriers racontent : l'usine, son savoir-faire, les salaires impayés, la liquidation, « cette volonté de faire couler la boîte », selon les salariés « qui ont les preuves », bien décidés à ne pas se laisser faire...
Et pensent aussi à dire un mot pour leurs « camarades » de Sambre-Avesnois - « ses 8 000 sans-emploi » - et du Valenciennois. Les blessures sont multiples sur le territoire. Les causes nombreuses à défendre.
Après Olivier Besancenot et les représentants du Parti de gauche il y a une semaine, cette nouvelle visite, même si elle n'apporte pas encore de nouvelles, « fait du bien au moral, assure un ouvrier. On a besoin d'entendre que ce que l'on fait c'est bien. »
Incroyable organisation
Et c'est justement tout le sens du message de Nathalie Arthaud. « Je suis en admiration. Des liquidations, il y en a tous les jours en France. Mais cette intendance, cette organisation, ce combat que vous arrivez à mener depuis le 18 mars, c'est incroyable, c'est grâce à votre solidarité, votre force collective. » Une solidarité à toute épreuve pour la cinquantaine de métallos qui tiennent encore l'usine 24 heures sur 24 depuis plus de quarante jours. Même si elle est toujours incertaine. « On est jamais sûr de gagner quand on se lance, mais quand on ne se bat pas, on est sûr de perdre », relève l'enseignante, « ravie d'avoir l'occasion de pouvoir enfin discuter ». Se serrer les coudes, encore et toujours. « Aujourd'hui, le dossier est à l'Élysée », croit Aurélien Motte, représentant CGT et porte-parole des métallos. Et demain ?
De nouvelles actions cette semaine
« On ne veut plus bloquer la population avec des opérations coup de poing ou des manifestations. La population est avec nous, on ne veut pas produire l'effet inverse », explique Aurélien Motte, porte-parole des Sambre et Meuse. Le 1er mai, les métallos se joindront peut-être aux cortèges parisiens ou lillois, pour tenter d'avoir plus d'impact et faire entendre leur cause, au-delà des frontières de l'Avesnois. « La décision sera prise mercredi. » En attendant, d'autres rendez-vous sont en cours d'organisation, comme un gala de football « qui réunirait plusieurs équipes dont une de Sambre et Meuse », pour récolter des fonds.
D'ici là, les ouvriers planchent toujours sur leur dossier de SCOP (société coopérative et participative dont les salariés seraient actionnaires majoritaires). « Nous avons jusqu'au 15 mai pour le rendre au tribunal de commerce », détaille Ludovic Poulain, responsable de production de l'usine. Environ 120 salariés seraient engagés et des contacts avec d'autres actionnaires seraient en bonne voie pour assurer notamment la gestion.
Cette semaine, les responsables syndicaux ont également rendez-vous avec la sous-préfecture, pour faire le point sur l'avancée du dossier et savoir si d'éventuels repreneurs se sont manifestés...
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