Nord Éclair :  Éric Pecqueur, ouvrier un jour, ouvrier toujours

Article de presse
03/06/2009

Eric Pecqueur, la voix des « travailleurs » aux Européennes.

Ouvrier dans l'automobile, chez Toyota, Éric Pecqueur conduit la liste présentée par Lutte Ouvrière dans la région Nord-Ouest.

Conseiller municipal à Orchies, il se bat pour une « Europe sans frontières, débarrassée du patronat. »

Le parlement européen ? « Il n'est pas là pour grand-chose. Qu'est-ce qu'il a apporté à chacun dans la vie de tous les jours ? », lâche celui dont l'enfance a baigné dans un univers familial militant. Un père à la CGT, ouvrier dans le bâtiment, une mère en intérim dans le textile, « deux grands-pères mineurs, l'un à la CGT et l'autre au PCF. » Et une enfance rythmée de manifs, de meetings jusqu'au lycée où un ami fait découvrir à Éric Pecqueur « les idées communistes. » Ses idées. « Ça correspondait à ce que je ressentais. J'ai compris plein de choses, sur le rôle que peut avoir la classe ouvrière dans un changement de société. » Ses études à la fac, il doit les interrompre faute d'argent. C'est la plongée dans le monde du travail : 13 ans en intérim, dans le transport, le tri de colis, la vente par correspondance puis l'automobile. À Toyota, Éric Pecqueur devient très vite délégué CGT et poursuit son engagement politique jusqu'à être élu l'an dernier conseiller municipal à Orchies, où sa liste obtient 7,6 %. Le dur apprentissage du mandat local ne fait que confirmer ses craintes, « les villes ont de plus en plus de mal à faire face, de moins en moins d'argent, on gère la misère. » Pour ces Européennes, Éric Pecqueur veut être la voix des classes populaires. « Face à la crise, il est important que les travailleurs se défendent », argue-t-il en ajoutant que « les problèmes sont les mêmes partout en Europe. » L'Europe qu'il défend, est « sans frontières et débarrassée du patronat, de ces grands groupes qui pillent les richesses. » Une véritable Europe des travail leurs, où tous les salaires seraient égaux, où l'on interdirait les licenciements, où l'union des luttes ferait la force. Justement, Éric Pecqueur prévient, « les élections n'ont jamais changé la vie des travailleurs, les luttes oui. » L'avenir est dans la grève.

C.J.

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