nord-social.info : Éric Pecqueur : "soutenir tout ce qui va dans le sens de la solidarité"
Les réponses d'Eric Pecqueur, tête de liste pour Lutte Ouvrière dans la région Nord-Ouest
lundi 18 mai 2009
N-S : Quelle est votre position et celle de votre parti par rapport à l'économie sociale et solidaire ?
Eric Pecqueur : En tant que socialistes et communistes, nous sommes bien sûr en totale opposition à la domination économique et politique des groupes capitalistes, qui prônent l'individualisme pour tenter de camoufler la dictature des actionnaires.
Et c'est pour cela que nous participons à toutes les luttes pour améliorer la situation économique des exploités, dans les ateliers, les bureaux, les hôpitaux, l'enseignement, les transports, etc. Et toutes les luttes aussi pour défendre les libertés politiques, toutes les luttes qui contribuent à s'opposer à la division des travailleurs, par le sexe, la nationalité, la couleur de la peau, etc.
Mais même si ce système capitaliste tolère quelques espaces où la course individuelle au profit maximum ne règne pas, nous pensons qu'il faudra une révolution mondiale, pour que s'instaure au niveau de la planète un système économique qui soit entièrement tourné vers la satisfaction des besoins de l'ensemble de la population. Un système où les décisions seront prises démocratiquement, centralement comme localement.
N-S : Quel rôle celle-ci peut-elle jouer au sein de l'Union européenne ?
Eric Pecqueur : Le développement de la crise économique va entraîner un chômage massif et un recul du niveau de vie pour toute une partie de la population, en premier lieu les ouvriers et les employés, mais aussi les travailleurs dits des « classes moyennes », enseignants, ingénieurs, petits commerçants et artisans, etc.
Dans de telles périodes, la solidarité supplée en partie à la concurrence exacerbée pour chaque emploi que le chômage fait régner. Mais de leur côté, les gouvernements et les partis réactionnaires s'ingénient dans ces périodes à dresser les populations les unes contre les autres... y compris jusqu'à des guerres fratricides, voire mondiales.
C'est pour cela que la seule façon de faire face aux reculs, tant économique que politique, c'est de lutter contre le capitalisme, pour une société débarrassée de la course au profit et de la propriété privée des moyens de production.
C'est pour permettre un tel vote - qui ne changera pas la réalité de la société bien sûr - mais permettra de défendre son point de vue, que Lutte Ouvrière présente des listes à ces élections.
N-S : Au sein du Parlement européen, face à une commission qui jusqu'à présent freine la reconnaissance de l'économie sociale et solidaire, qu'elle sera l'attitude de votre groupe politique ?
Eric Pecqueur : Malheureusement, le système électoral ayant été modifié en France pour supprimer la part de proportionnelle qui existait dans ces élections européennes, il est très peu probable que les listes de Lutte Ouvrière aient des élus.
N-S : Les organisations représentatives de l'économie sociale et solidaire demandent le création d'un intergroupe de l'économie sociale et solidaire au sein du Parlement européen. Y êtes vous favorable ?
Eric Pecqueur : Bien sûr, chaque tendance politique devrait pouvoir s'organiser selon ses souhaits et avoir les moyens de fonctionner. Mais il ne faut pas oublier que le Parlement n'a que peu de pouvoirs, beaucoup moins que la Commission européenne et surtout que les grands groupes capitalistes, qui sont les seuls à diriger vraiment, car ils ont souvent plus de poids que les gouvernements nationaux eux-mêmes !
N-S : Ces organisations souhaitent aussi, pour que mutuelles, fondations et associations puissent se développer sur les territoires européens, l'adoption de trois nouveaux statuts et cela dans le cadre de la pluralité des formes d'entreprendre en Europe. Quelle sera votre attitude par rapport à cette demande ?
Eric Pecqueur : Si nous étions élus, nous soutiendrions tout ce qui va dans le sens de la solidarité entre individus, entre générations entre groupes humains et entre pays.
Origine de cet article : http://www.nord-social.info/spip.php?article168