La Voix du Nord : Pour Lutte ouvrière, le « Grand Soir » n'est pas un mirage
F.L'Hostis, S.Pontzeele et R.Marie sont les trois candidats du Douaisis avec la tête de liste Éric Pecqueur, élu à Orchies.
RÉGIONALES
Le poker menteur, c'est pas la tasse de thé du Sinois Roger Marie, retraité de l'Éducation nationale, avant-dernier candidat sur la liste Lutte ouvrière du Nord aux Régionales : « C'est vrai que c'est un jeu truqué. Ce ne sont pas les élections qui changent la vie des ouvriers. » Pour changer la donne, il n'y a que le « Grand Soir ». L'hypothétique « Grand Soir » ? « Beaucoup de gens voient venir l'explosion sociale », pronostique Roger Marie, l'un des sept élus Lutte ouvrière au scrutin régional de 1998.
« Cela fait des années que les capitalistes marquent des points. » Florence L'Hostis, en 14e place sur la liste, n'est pas une bleu en politique. La bannière Lutte ouvrière, l'infirmière en hôpital public, élue au conseil municipal de Sin-le-Noble (comme Roger Marie), l'a portée dans maintes élections. Avec marqué dessus : « Interdiction des licenciements partage du travail entre tous contrôle des patrons et des actionnaires par la population ». Sophie Pontzeele, professeur des écoles à l'école Henri-Dunant de Lallaing (24e place), fait ses premiers pas dans une élection. Avec de solides convictions : « La crise serait en train de s'atténuer, dit-on. C'est pas ce que les gens ressentent . » Ce n'est pas non plus ce qu'elle voit. « Lorsque j'enseignais à Condé-sur-Escaut, un enfant ne venait plus en cours parce qu'il n'avait pas de chaussures. » N'allez pas dire à Florence L'Hostis que le conseil régional n'y peut rien. « Décrétons la gratuité des transports ! Ça serait plus écologique que la taxe carbone. » Roger Marie le confesse. « Lorsque nous étions élus, nous avons voté 80 % des délibérations de Daniel Percheron. Toutes celles qui concernaient le fonctionnement des lycées, des transports... Mais on n'a jamais été convaincu lorsque l'argent allait au privé, aux entreprises comme Toyota - Onnaing où les salariés sont exploités. »
B. B.
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