Nord Littoral : Rentrée politique pour Françoise Millot, représentante Lutte Ouvrière sur Calais
Françoise Millot se battra jusqu'au bout.
« Un jour, la colère explosera »
Françoise Millot, représentante LO sur Calais, est sur le terrain depuis les municipales de 2001. Pour elle, la situation ne cesse d'empirer. Quelle analyse faites-vous de la situation économique de Calais ?
« Ce n'est une surprise pour personne, Calais paie un lourd tribut avec la crise. Des entreprises ferment, d'autres licencient à tout va. Je pense notamment à Sea France. La SNCF qui est filiale de l'entreprise (à près de 100 %) veut rentabiliser les transports. Si elle n'a plus d'argent à mettre, on n'a qu'à demander à l'Etat. Il faut prendre l'argent là où il est. Les salariés, eux, font ce qu'ils peuvent mais ce sont toujours eux qui paient les pots cassés. »
Il y a quand même du positif sur Calais avec l'installation, d'autres entreprises, la rénovation de certains bâtiments...
« Cela ne fait pas tout. Il y a les conditions de travail derrière. L'an dernier, certains jeunes employés d'Armatis ont manifesté pour protester contre leur situation précaire. On va créer un nouvel hôpital en 2012 mais avec quel personnel ? Sur Calais, il y a une belle maison ce retraite mais y a-t-il pour autant assez de salariés pour s'occuper des personnes âgées ? »
Que pouvez-vous faire au niveau local pour lutter contre cela ?
« Qu'on se le dise, les élections ne changeront rien. Mais on peut profiter de l'événement pour pousser les gens à se révolter sur Calais et ailleurs. Car ce serait mentir aux Calaisiens que de leur faire croire que les problèmes se résolvent au niveau local. La lutte doit être globale. »
Dans une ville aussi frappée par le chômage, les problèmes prennent pourtant deux fois plus d'importance....
« C'est pour cette raison qu'il faut prendre le contrôle du pouvoir économique. La rue peut changer les choses. Je suis très attentive à ce qui se passe actuellement dans les pays arabes. Cela me donne beaucoup d'espoir. Chez nous, la dictature économique a également du souci à se faire car un jour, la colère explosera. »
La sécurité sera l'un des thèmes phares de l'élection présidentielle de 2012. Sur Calais, certains événements récents (feux de poubelles ou de voitures, agression sexuelle au Beau Marais, etc.) ne traduisent-ils pas un profond malaise ?
« Absolument, à condition de ne pas être dupe. On nous parle beaucoup d'insécurité, le gouvernement le premier. Mais la première sécurité qui devrait être défendue, c'est celle de l'emploi. Donnons du travail à la jeunesse et il y aura moins de délinquance. Les premiers délinquants, ce sont les banquiers. »
Que pensez-vous de la situation des migrants à Calais ? En déplacement dans la ville vendredi dernier, Manuel Valls a proposé l'instauration de quotas.
« Il y a un vrai travail de fond réalisé par des associations comme Salam. Elles limitent la casse et je ne peux qu'être de leur côté. Quant à la proposition de Manuel Valls, elle me choque. Il faut toujours un bouc émissaire. Mais il se trompe de cible. Il devrait plutôt aller chercher du côté des banquiers, des patrons et des bourgeois. Tous les travailleurs ont le droit de vivre convenablement. »
Les actions menées par la municipalité, Natacha Bouchart en tête, vous satisfont-elles ?
« Son parti politique est celui de Nicolas Sarkozy. Quelque part, elle applique la politique de la majorité présidentielle. »
À moins d'un aria rôle l'élection présidentielle de 2012, sur quoi la candidate de Lutte Ouvrière,/ Nathalie Artaud va-t- elle insister ?
« La gangrène du chômage, la dégringolade du pouvoir d'achat, la lutte contre les privilégiés protégés par l'État. Comme le dit Nathalie l'explosion sociale est inévitable et nécessaire. La crise actuelle nous conforte dans nos convictions communistes. »
Julien POUYET
.
(Une malheureuse confusion dans le titre de l'article, rectifiée ensuite dans un communiqué, donnait initialement pour titre : "Rentrée politique pour Françoise Millot, représentante Force Ouvrière sur Calais")
© Nord Littoral