La Voix du Nord : Sin-le-Noble: Roger Marie (Lutte ouvrière), partant pour chambouler les résultats des municipales
Roger Marie, membre de Lutte ouvrière, présente une liste à cette élection municipale, comme annoncé.
Roger Marie (2 e en partant de la droite) avec une partie de ses colistiers, aborde avec confiance cette élection.
Une candidature qui n'est pas à prendre à la légère car l'intéressé, en se qualifiant et en se maintenant au 2nd tour en 2001, avait permis à Chistiane Pezin, c'est-à-dire à la droite, de prendre la mairie au Parti communiste (PCF). En 2008, il avait trouvé sa place au sein d'une liste d'union de la gauche, et c'est le PS, via Christian Entem, qui avait pris la mairie.
M. Marie rappelle qu'on ne peut l'accuser d'opportunisme. « En 2001, les mauvais coups venaient de la gauche (le socialiste Lionel Jospin était Premier ministre). En 2008, c'est Sarkozy qui tapait fort sur la classe ouvrière. » Ce n'est pas lui qui change, mais ceux qui cognent sur la « classe ouvrière ».
M. Marie a un côté « force tranquille » qui lui fait aller droit au but. Pour cette élection municipale, il ne cache pas qu'il n'a aucun programme pour Sin-le-Noble, tout cela étant bien expliqué. « Il faut saisir l'opportunité représentée par cette élection, puis celle des Européennes pour faire avancer un certain nombre d'idées dans la classe ouvrière. Ce n'est pas dans les communes qu'on peut améliorer le sort des travailleurs. L'élection municipale, c'est l'occasion de dire sa rage contre la politique suivie par Hollande. »
Le PS et les PCF rincés
Ayant deux mandats de conseiller municipal derrière lui, le premier sous une maire de droite, le second sous un maire de gauche, il assure ne pas avoir constaté de différence. « Les budgets sont les mêmes car très encadrés par le préfet. En plus Sin est une commune pauvre, endettée jusqu'au cou. » Le problème serait donc financier et non politique. Non ! car Pour M. Marie c'est bien la gauche qui est défaillante, Parti socialiste (PS) et PC mis dans le même sac. Le Parti socialiste se présente éclaté à l'élection, comme le PCF, rien qui n'arrange leur cas auprès de M. Marie : « Christian Entem et Vincent Campisano (l'adjoint au sport qui a quitté le PS il y a quelques mois et mène une liste) n'ont jamais rien dit contre les coups portés à la classe ouvrière. Le PS et le PCF n'essaient plus de défendre leurs idées. Leurs élus défendent leurs postes, leurs carrières. » Reste qu'il assure que s'il est élu, il prendra part aux grands débats municipaux, comme il l'a fait au cours des deux derniers mandats. M. Marie n'a jamais eu une vocation de figurant, il faut le reconnaître.
On peut reprocher à ce discours un tempo mécanique, M. Marie plaçant avec régularité le terme classe ouvrière, comme un batteur d'un orchestre donne le rythme en tapant sur sa grosse caisse. Mais dans un contexte local où la gauche est éclatée, où au plan national la popularité du gouvernement PS-Verts rase la cime des arbres, pourquoi M. Marie, qui n'a eu aucun mal à monter sa liste, ne ferait-il pas mieux qu'en 2001 ?
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